Genève 2: les islamistes syriens menacent d’éxécuter ceux qui iraient à la Conférence

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Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, à droite, et l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, à gauche, le 20 octobre 2013 au Caire (AFP)
Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, à droite, et l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, à gauche, le 20 octobre 2013 au Caire (Archives/AFP)

Alors que les puissances occidentales peinent à convaincre l’opposition syrienne de participer à la Conférence de paix Genève 2 en novembre, d’importants groupes rebelles syriens ont menacé de condamner pour «trahison» ceux qui dans l’opposition seraient tentés de s’y rendre rapporte ce dimanche l‘AFP.

Les éventuels participants à la conférence de Genève commettront une «trahison» dont ils devront répondre «devant nos tribunaux», ont prévenu dix-neuf importants groupes rebelles islamistes syriens, laissant clairement entendre que ceux qui oseraient se rendre à genève seraient exécutés.

«Nous annonçons que la conférence Genève-2 n’est pas, et ne sera jamais le choix du peuple ou une revendication de notre révolution», ont annoncé ces groupes dans un communiqué lu samedi soir par le chef de la brigade Souqour al-Cham, Ahmad Eissa al-Sheikh.

«Pour nous, il s’agit d’un élément supplémentaire du complot visant à faire dérailler notre révolution et à la stopper», ont déclaré ces groupes, dont certains font encore partie de l’Armée syrienne libre (ASL).

Même avant ces menaces, l’opposition syrienne était déjà très divisée sur une éventuelle participation à cette conférence de paix déjà plusieurs fois reportée et qui doit, en principe, se réunir le 9 novembre en Turquie. Elle réclame des garanties qu’elle aboutira à un départ de Bachar al-Assad, ce que le régime rejette catégoriquement.

Ceci va encore compliquer la tâche de l’émissaire international, Lakhdar Brahimi, attendu lundi à Damas, où il n’a plus mis les pieds depuis fin 2012, dans le cadre d’une tournée régionale sa tournée régionale pour tenter d’organiser la Conférence de paix.à Damas.

Lors de sa dernière visite en Syrie, l’envoyé spécial de l’ONU avait appelé à un changement «réel» et à la formation d’un gouvernement de transition, ce qui avait provoqué l’ire de bachar al-Assad qui, selon la presse syrienne, avait mis fin à son entretien avec Lakhdar Brahimi lorsque ce dernier avait osé s’enquérir de la question des candidatures lors des présidentielles en 2014.

Jusqu’à maintenant, le médiateur s’est déjà rendu en Turquie, en Jordanie, en Irak, en Egypte, au Koweït, au sultanat d’Oman et au Qatar.

Jeudi, il a rencontré en Turquie le chef de l’Armée syrienne libre (ASL), principale formation rebelle, et d’autres dirigeants des combattants anti-régime.

Lakhdar Brahimi essaie toujours de convaincre toutes les parties de la nécessité de rassembler autour d’une table représentants du régime et opposition pour trouver une solution politique après deux ans et demi d’un conflit dévastateur.

Pendant ce temps, sur le terrain, les Kurdes ont conquis samedi un poste-frontière avec l’Irak, important lieu de transit pour les hommes et munitions, contrôlé jusque là par des djihadistes et ont poursuivi leur avance dimanche en s’emparant de la quasi-totalité d’Alyaaroubié, ville frontalière où les combats se poursuivent, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Par ailleurs, l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé ce dimanche 27 octobre avoir reçu jeudi de Damas le programme de destruction de son arsenal chimique, nouvelle étape dans la mise en œuvre de la résolution 2118 du Conseil de sécurité, qui ordonne la destruction de l’arsenal chimique syrien d’ici mi-2014.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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