Guerre du Golfe: un autre 1,2 milliard $ au Koweït pour les dégâts causés par Saddam

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Les exploitations pétrolières d'Al Maqwa en feu lors de l'occupation par les forces iraquiennes, en 1991 (John Isaac/ONU)
Les exploitations pétrolières d’Al Maqwa en feu lors de l’occupation par les forces iraquiennes, en 1991 (John Isaac/ONU)

L’Irak n’a pas fini de payer les dégâts causés par Saddam Hussein, son dictateur déchu, jugé, condamné et exécuté par pendaison le 30 décembre 2006 à Bagdad.

La Commission d’indemnisation des Nations Unies, chargée d’indemniser les pertes et dégâts causés par l’invasion et l’occupation, en 1990, du Koweït par l’Irak, a octroyé jeudi un autre 1,24 milliard de dollars à l’État du Koweït, rapporte le service d’information de l’ONU.

Les indemnisations sont réglées par l’entremise du Fonds de compensation des Nations Unies, financé par l’affectation d’un pourcentage des revenus générés par les exportations de pétrole et de produits pétroliers iraquiens.

Lors de la guerre du Golfe de 1990-1991, l’Irak de Saddam Hussein avait envahi le Koweït voisin.

Ce conflit provoqua un désastre écologique régional dû à l’incendie de 732 puits de pétroles koweïtiens par les forces irakiennes.

Sur le quart sud du Koweït, une fumée noire s’éleva à 600 mètres du sol, la visibilité fut réduite de 25 à 4 km dans la région, les conditions météorologiques furent modifiées jusqu’à 500 km des lieux incendiés.

De plus, lors de l’ouverture volontaire du terminal de Mina al Ahmadi par l’Irak le 20 janvier 1991, 800 000 tonnes de pétrole brut se répandirent dans le golfe Persique et polluèrent les côtes koweïtiennes, saoudiennes et iraniennes.

Avec ce dernier paiement, le montant total des indemnisations versées par la Commission est maintenant de 43,5 milliards de dollars et il reste désormais un montant de 8,9 milliards de dollars à régler à d’autres requérants, précise le communiqué de presse de la Commission, basée à Genève.

La Commission a été établie en 1991 par le Conseil de sécurité et a reçu à ce jour près de trois millions de demandes d’indemnisation, dont près d’une centaine émanant de gouvernements.

La CCNU, précise le service d’information de l’ONU, a établi six catégories de demandes, dont quatre pour des demandes individuelles, une pour les entreprises et une pour les gouvernements et les organisations internationales, qui prend notamment en compte les dégâts causés à l’environnement.

Pendant ce temps, dans l’Irak divisé et déchiré par des conflits interethniques et confessionnels, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées cette semaine, tandis que le Premier ministre Nouri al-Maliki prévenait que le pays était confronté à «un génocide».

Dans cette quasi-guerre civile qui ne dit pas encore son nom, les violences ont atteint ces derniers mois un niveau jamais vu depuis cinq ans et des insurgés, dont certains liés à Al-Qaïda, visent régulièrement les forces de sécurité et d’autres fonctionnaires dans le pays.

Les attaques de cette semaine dernière, et elle n’est pas finie, portent à plus de 550 le bilan des morts dans les violences depuis début octobre et à plus de 5.200 depuis le début de l’année selon les médias.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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