Il y a deux ans, chute du régime de Mouammar Kadhafi en Libye

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Mouammar Kadhafi, en 2007 (Archives/Andrew Heavens/Flickr)
Mouammar Kadhafi, en 2007 (Archives/Andrew Heavens/Flickr)

Si la Libye avait célébré avec faste la fin du régime de Mouammar Kadhafi, deux ans plus tard ni faste ni enthousiasme dans un pays plongé dans une transition chaotique émaillée de violences.

Preuve que le cœur n’est vraiment pas à la fête, aucun programme officiel de festivités n’est prévu pour marquer «la libération du pays» de l’ancien régime annoncée le 23 octobre 2011, soit trois jours après la mort du dirigeant Kadhafi, capturé puis exécuté par des rebelles près de sa ville natale de Syrte.

Mardi, c’est par un simple communiqué que le gouvernement à félicité le peuple pour ce «jour décisif qui a mis fin à la tyrannie et au despotisme et a ouvert une nouvelle ère de liberté, de justice et d’égalité».

Dans les rues de Tripoli et de Benghazi, il n’y a d’ailleurs aucun signe de festivités.

«Rien n’a changé en Libye. La sécurité se dégrade. La Libye ne va pas mieux, elle se dirige vers le pire, à cause des milices, qui gouvernent réellement», déplore ainsi Abdelhadi al-Sultan, à sa sortie d’une mosquée du centre de Tripoli.

L’enlèvement il y a moins de deux semaines du Premier ministre, Ali Zeidan, n’a duré que quelques heures mais a illustré la faiblesse de l’État et rappelé aux Libyens la triste réalité de leur pays, plongé dans l’anarchie deux ans après «la libération».

Les autorités ont en effet chargé les anciens rebelles de la sécurité du pays, qui ont alors formé des dizaines de milices sur des bases idéologiques, régionales ou tribales n’obéissant qu’à leurs propres intérêts.

Mardi, justement, des affrontements ont eu lieu dans les régions de Zawyiah et Ajaylat, à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest de Tripoli, après l’enlèvement d’habitants de Zawyiah.

En attendant, la feuille de route de la transition comprenant les échéances électorales devant doter le pays d’institutions pérennes est sérieusement compromise.

Et les autorités n’ont toujours pas réussi à former une police et une armée professionnelles.

Mardi, elles se sont félicitées de la suite favorable donnée par l’OTAN à leur demande de leur fournir du conseil sur la mise en place d’institutions de défense.

Tripoli souhaite notamment sécuriser ses vastes frontières et construire des forces de sécurité pour prendre la relève des ex-rebelles, accusés de violations des droits de l’Homme.

Retour du corps

La veuve de l’ancien dictateur libyen, Safia Farkech, a lancé un appel à l’ONU et à l’Union européenne pour l’aider à retrouver les corps de son mari et de son fils, dans une lettre publiée par la radio russe The Voice of Russia.

«Je demande aux membres du Conseil de sécurité [de l’ONU]et à l’Union européenne […] de dévoiler le lieu ou se trouvent les dépouilles et de les remettre à leurs familles pour les enterrer à l’endroit et de la manière qu’elles souhaiteront», a-t-elle indiqué dans sa lettre, demandant également  «à l’Union africaine d’ouvrir une enquête approfondie sur le crime de l’assassinat […] de Mouammar Kadhafi et de ses compagnons».

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Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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