La liste des personnes kidnappées par la Corée du Nord s’allonge de 295 noms

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La Statue des Frères à Séoul rappelle la guerre fratricide qui, de 1950 à 1953, opposa les forces de la Corée du Nord communiste  et celles de la Corée du Sud capitaliste, ainsi que le désir de réunification (WikiCommons)
La Statue des Frères à Séoul rappelle la guerre fratricide qui, de 1950 à 1953, opposa les forces de la Corée du Nord communiste et celles de la Corée du Sud capitaliste, ainsi que le désir de réunification des deux Corées (WikiCommons)

Le gouvernement de la Corée du Sud a ajouté 295 noms à sa liste officielle de personnes kidnappées par la Corée du Nord lors de la guerre de Corée, a indiqué ce mercredi la Commission des kidnappés de la guerre de Corée, rapporte l’agence sud-coréenne Yonhap.

Le gouvernement a confirmé, au cours de la 11e réunion de la commission, que 295 personnes additionnelles ont été kidnappées par la Corée du Nord lors de la guerre de Corée, amenant le total à 2.560, dit l’agence.

Les kidnappés venaient de divers horizons professionnels. Les fermiers et pêcheurs représentent 43,4% du total, les hommes d’affaires 12,5%, les étudiants 11,9% et les fonctionnaires 6,4%.

Parmi les personnes ainsi kidnappées, on retrouvent aussi des personnalités telles que l’intellectuel Chung In-bo, le patron de la Croix-Rouge coréenne Kim Chun-ki et le professeur de médecine à l’université nationale de Séoul Park Young-don, affirme la commission.

La commission a été établie en 2010 pour faire lumière sur la question des enlèvements lors de la guerre de Corée, aider les familles des personnes kidnappées à rétablir leur réputation (les Sud-Coréens stigmatisant les personnes soupçonnées d’avoir fui volontairement en Corée du Nord) et consolider l’unité nationale. Comme le veut la loi, la commission continuera son mandat jusqu’en 2017.

Jusqu’à tout écemment, les Sud-Coréens stigmatisaient les personnes soupçonnées d’avoir fui volontairement en Corée du Nord, leurs proches devant alors faire face à de la discrimination sociale en Corée du Sud.

Ceux, dont un membre de la famille était considéré comme communiste et soupçonné d’être passé au Nord ont du subir en Corée du Sud humiliations et privations.

Même aujourd’hui, les cas de défection ne sont vraiment pas pris à la légère par les autorités sud-coréennes.

La loi de sécurité nationale, instaurée en 1948 pour lutter contre l’idéologie communiste du régime rival nord-corée, interdit formellement et clairement aux Sud-Coréens de nouer des échanges directs, sans autorisation préalable, avec les Nord-Coréens et les autorités sud-coréennes ne badine pas avec cette loi.

Dans le passé, des milliers de Sud-Coréens ont été arrêtés pour infraction à cette loi. D’où l’importance, pour les familles sud-coréennes, de bien distinguer entre ceux qui seraient passés d’eux-mêmes au Nord communiste et les personnes kidnappées par le régime de Pyongyang.

Séoul a demandé à plusieurs reprises à Pyongyang de libérer les kidnappés de la guerre de Corée, en vain, la Corée du Nord prétendant ne retenir aucun Sud-Coréen contre sa volonté.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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