L’Arabie saoudite refuse d’entrer au Conseil de sécurité où elle vient d’être élue

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Le Conseil de Sécurité (Archives/ONU)
Le Conseil de Sécurité (Archives/ONU)

Pour protester contre «l’impuissance» du Conseil de sécurité, l’Arabie saoudite, qui vient d’y êtrte élue jeudi, refuse ce vendredi 18 octobre d’y siéger.

Le royaume saoudien, premier exportateur mondial de pétrole, avait été élu jeudi, pour la première fois, membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, en même temps que le Tchad, le Chili, le Nigeria et la Lituanie. Leur mandat de deux ans doit débuter le 1er janvier 2014.

Le prince Nawaf Faisal Fahd Abdulaziz, d’Arabie saoudite, avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le 6 juin 2013 à New York (Archives/Don Emmert/AFP)

Dans un communiqué publié quelques heures après son élection comme membre non permanent du Conseil de sécurité, l’Arabie saoudite, qui soutient sans réserve l’opposition syrienne, a fustigé la politique de «deux poids, deux mesures» de Conseil au Proche-Orient et fait savoir qu’elle refusait d’entrer au Conseil.

«L’Arabie saoudite [..]) n’a pas d’autre option que de refuser de devenir membre du Conseil de sécurité jusqu’à ce que ce dernier soit réformé et qu’on lui donne les moyens d’accomplir son devoir et d’assumer ses responsabilités pour préserver la paix et la sécurité dans le monde», déclare le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Le ministère saoudien estime que le fait «de permettre au régime en place en Syrie de tuer son peuple et de le brûler à l’arme chimique au vu et au su du monde entier sans sanctions dissuasives est une preuve claire de l’impuissance du Conseil de sécurité à accomplir son devoir et à assumer ses responsabilités».

Depuis le début de la crise syrienne en mars 2011, la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil et disposant de ce fait d’un droit de véto sur toute résolution, se sont opposées à toute condamnation du régime du président Bachar al-Assad.

Ce n’est que le 27 septembre, un peu plus d’un mois après une attaque à l’arme chimique qui a fait des centaines de morts le 21 août près de Damas, que le Conseil a pu adopter, face à la menace de frappes américaines, la résolution 2118 sur le désarmement chimique du pays d’ici mi-2014.

Les Saoudiens, un des principaux alliés de Washington au Proche-Orient, estiment quant à eux que l’intervention internationale dans la crise syrienne ne devait pas être réduite aux seules armes chimiques, dans une critique voilée de l’accord russo-américain ayant permis l’adoption de la résolution.

Dans son communiqué de vendredi, le ministère saoudien rappelle aussi que «la question palestinienne demeure depuis 65 ans sans règlement».

Ryad déplore également que le Conseil ait «échoué» à débarrasser le Proche-Orient des armes de destruction massive,« »en raison de son incapacité à soumettre les programmes nucléaires de tous les pays de la région sans exception à la surveillance et aux inspections internationales», dans une allusion à Israël, ou en s’opposant «aux tentatives de tout pays de la région de posséder l’arme nucléaire», dans une référence à l’Iran.

*Avec AFP

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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