L’armée mozambicaine prend une deuxième base de la RENAMO

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Des soldats mozambicains patrouillent (Archives/Maria Celeste Mac' Arthur/AFP/Getty Images)
Des soldats mozambicains patrouillent (Archives/Maria Celeste Mac’ Arthur/AFP/Getty Images)

Une deuxième base de l’ancienne rébellion RENAMO aurait été prise par l’armée du Mozambique, selon les dires d’un porte-parole de la présidence du pays. Cette opération intervient huit jours à peine après une prise similaire.

«Les forces armées ont investi et démantelé une base de la RENAMO à Meringue lundi», a ainsi déclaré Edson Macuacua, porte-parole de la présidence, indiquant également à des journalistes présents qu’«il y a eu un échange de coups de feu mais pas de pertes de vies humaines».

L’armée avait lancé, en début de semaine dernière, une opération similaire sur la principale base de la RENAMO à Satunjira, dans la même région, tuant l’un de ses députés au parlement. Le lendemain matin, des éléments isolés de l’ex-rébellion avaient attaqué un poste de police.

Ces incidents violents ont provoqué l’inquiétude à l’étranger, notamment chez l’ex-puissance coloniale portugaise, aux Etats-Unis et chez le grand voisin sud-africain, très soucieux de la stabilité régionale. Tous ont appelé au dialogue pour éviter l’escalade de la violence, dans ce pays ruiné par une guerre civile qui avait fait au moins un million de morts entre 1977 et 1992.

La RENAMO est devenu le principal parti d’opposition après la signature en 1992 d’un accord de paix avec le parti qui dirige le Mozambique depuis l’indépendance, le FRELIMO.

L’accord a mis fin à 16 ans de guerre civile. Mais depuis avril, les tensions qui couvaient se sont transformées à nouveau en affrontements meurtriers.

L’ex-guerilla réclame une représentativité plus grande au sein de la commission électorale et des forces armées. Elle dénonce également la conduite du pays par le FRELIMO, le parti aux affaires depuis l’indépendance, qu’elle accuse d’accaparer le pouvoir et les richesses naturelles.

Ces dernières années, la découverte de gisements gigantesques de pétrole et de gaz au large du Mozambique a  avivé les convoitises. La RENAMO tente désormais, selon les analystes, d’obtenir un partage des immenses revenus de l’exploitation des ressources minérales, dont personne ne soupçonnait l’existence lorsque les accords de paix ont été signés.

Dans ce contexte, le chef historique de la RENAMO, Afonso Dhlakama, s’est retiré avec des hommes armés dans une zone montagneuse du centre du pays en 1992, menaçant de relancer les attaques contre les symboles du pouvoir. C’est de cette cache que l’armée l’a délogé le 21 octobre.

Depuis quelques mois, la RENAMO avait lancé quelques escarmouches – parfois meurtrières – contre des postes de police ou des routes. C’est donc ce retour de l’insécurité qui a inquiété le pouvoir, et a décidé les opérations contre les deux bases de la RENAMO pour tenter de forcer les ex-rebelles à s’asseoir à la table de négociations.

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Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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