L’armée nigériane revendique une autre victoire contre Boko Haram

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Des soldats nigérians patrouillent dans le nord de l'Etat de Borno près d'un ancien camp du groupe islamiste Boko Haram, le 5 juin 203 près de Maiduguri (Photo: Archives/Quentin Leboucher/AFP)
Des soldats nigérians patrouillent dans le nord de l’Etat de Borno près d’un ancien camp du groupe islamiste Boko Haram, le 5 juin 203 près de Maiduguri (Archives/Quentin Leboucher/AFP)

L’armée nigériane revendique encore une victoire contre Boko-Haram qui n’en poursuit pas moins le combat dans cette lutte qui n’en finit plus entre le groupe extrémiste rebelle et le gouvernement.

Alors qu’avait lieu jeudi une attaque attribuée au groupe islamiste contre des bâtiments de la police à Damaturu, capitale de l’État de Yobe, comme pour ne pas être en reste, l’armée nigériane prétend maintenant de son côté avoir tué le même jour 74 membres du groupe terroriste dans l’État de Borno.

L’armée nigériane a affirmé vendredi avoir tué la veille 74 membres présumés de Boko Haram au cours d’une nouvelle opération contre des camps en périphérie de Maiduguri, fief historique de la rébellion et capitale de l’État de Borno.

«Des opérations combinant des combats au sol et des attaques aériennes ont mené à la destruction de camps terroristes identifiés, tuant 74 militants présumés», a déclaré un porte-parole de l’armée dans cette zone.

Quant à l’attaque des bâtiments de la police à Damaturu, capitale de l’État de Yobe dans le nord-est du Nigéria, la presse locale rapporte que «des membres présumés du groupe islamiste Boko Haram ont mené une vaste opération soigneusement préparée», suivie d’ une riposte des forces de l’ordre.

Lors de ces attaques qui ont débuté jeudi en fin de journée et ont duré jusque tard dans la nuit, les hommes armés ont brûlé au moins quatre postes de police, faisant un nombre indéterminé de victimes, rapporte Afrik.com, sur la foi du témoignage d’un responsable de la police s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

L’armée nigériane a lancé une offensive d’envergure à la mi-mai dans le nord contre les sanctuaires de Boko Haram pour venir à bout de cette insurrection qui a fait des milliers de morts depuis quatre ans.

Cette offensive a été présentée comme un succès par le gouvernement nigérian qui s’est même vanté d’avoir éliminé les chefs du groupe extrémiste.

La réalité a toutefois bien vite démenti les déclarations du gouvernement, les attaques meurtrières de Boko Haram visant notamment la population civile se poursuivant et allant même en s’intensifiant ces derniers mois.

Dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, le Président nigérian, Goodluck Jonathan, a instauré l’état d’urgence dans trois États du nord-est du pays, mais les autorités nigérianes, malgré toutes leurs annonces de victoires, ne sont toujours pas parvenues à venir à bout du groupe rebelle qui continue à semer la terreur et la mort dans le nord du pays.

Le groupe extrémiste revendique la création d’un État islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman, au contraire du sud, à majorité chrétienne.

Les attaques de Boko Haram et leur répression sanglante ont fait au moins 3.600 morts depuis 2009 selon l’ONG Human Rights Watch.
Car l’armée nigériane ne laisse pas sa place dans l’horreur elle non plus.

Des centaines de personnes seraient également mortes en détention dans les geôles de l’armée, asphyxiées, affamées et assassinées depuis le lancement de l’opération militaire contre Boko Haram, selon Amnesty International.

Un officier supérieur de l’armée nigériane a ainsi indiqué à Amnesty International qu’environ 950 personnes soupçonnées d’avoir des liens avec le groupe islamiste radical Boko Haram étaient mortes en prison au cours du premier semestre 2013.

Quant aux annonces des autorités nigérianes, il faut se rappeler qu’elles avaient annoncé à au moins trois reprises avoir tué Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram.

Cela pourrait porter à croire que, soit les annonces de l’armée nigériane sont sujettes à caution, soit Abubakar Shekau, comme un chat, a plusieurs vies…

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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