Le Yémen met en échec une tentative d’évasion de 300 détenus d’Al-Qaïda

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Un soldat yéménite effectue des contrôles de sécurité le 6 août 2013 près de l'aéroport de Sanaa (Mohammed Huwais/AFP)
Un soldat yéménite effectue des contrôles de sécurité le 6 août 2013 près de l’aéroport de Sanaa (Archives/Mohammed Huwais/AFP)

Les forces de sécurité yéménites ont réussi à contrer une tentative d’évasion de quelque 300 détenus d’Al-Qaïda, qui se sont mutinés dans leur prison à Sanaa, rapporte l’AFP.

Une source de l’agence de presse, qui est dans les services de sécurité, a indiqué que la mutinerie a éclaté mardi après-midi dans une prison d’un quartier du sud de Sanaa et qui relève des services de renseignement. Selon cette source «près de 300 détenus d’Al-Qaïda, armés de couteaux et de barres de fer, ont agressé les gardiens de la prison, en blessant certains» dont «un responsable des interrogatoires».

Après avoir défoncé plusieurs portes et détruit une première ligne de sécurité dans l’enceinte de la prison, les mutins ont réussi à s’emparer d’armes et à prendre des gardiens en otages. Ils ont cependant été stoppés sur une deuxième ligne de sécurité par d’autres gardiens qui n’ont pas hésité à faire usage de leurs armes et ont ainsi réussi à mettre en échec la tentative d’évasion.

Toujours selon la même source, la direction de la prison avait un moment redouté que des complices des mutins ne lancent une attaque de l’extérieur de l’établissement carcéral pour faciliter l’évasion.

«À la faveur d’une médiation, les mutins ont fini par libérer leurs otages mercredi matin, mais ils ont gardé les armes», selon le témoignage recueilli par l’AFP, alors que la police était toujours mobilisée pour rétablir le calme dans la prison.

Le chef d’Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA), Nasser al-Wahichi, qui s’était lui-même échappé de la même prison de Sanaa en février 2006 avec 22 autres membres du réseau terroriste, avait promis il y a quelques mois de faire libérer ses partisans détenus dans les prisons yéménites.

Al-Qaïda dans la Péninsule arabique a su profiter de l’affaiblissement du pouvoir central en 2011, à la faveur de l’insurrection populaire contre l’ancien président Ali Abdallah Saleh, pour renforcer son emprise dans le pays.

En août dernier, c’est la branche d’Al-Qaïda au Yémen qui a été à l’origine du projet d’attentats antioccidentaux qui a poussé les États-Unis à déclencher une vaste alerte de sécurité et à fermer plusieurs ambassades et consulats en Afrique et au Moyen-Orient.

À la même époque, l’été dernier, le Yémen a aussi affirmé avoir déjoué un plan d’Al-Qaïda consistant à s’emparer de villes du sud et du sud-est ainsi que d’installations pétrolières, à saboter un gazoduc et à prendre en otage des étrangers.

En outre, Al-Qaïda a aussi été impliquée dans des évasions récentes de centaines de détenus islamistes en Irak, en Libye et au Pakistan.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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