Mozambique: deux ex-rebelles tués dans des heurts avec l’armée

0
Des membres de la Renamo en Novembre 2012 à Gorongosa (Archives/JintyJackson/AFP
Des membres de la Renamo en Novembre 2012 à Gorongosa (Archives/JintyJackson/AFP)

Deux combattants de l’ex-guérilla mozambicaine, la Renamo, ont été tués jeudi au cours d’affrontements avec les troupes gouvernementales dans le centre du pays, a annoncé la présidence.

Les forces de sécurité étaient sur le point de faire leur travail habituel lorsqu’elles ont été surprises par une attaque de la Renamo, a déclaré le porte-parole de la présidence Edson Macuacua jeudi soir.

Deux combattants de la Renamo ont été tués. Nous n’avons pas eu de pertes dans nos rangs, a précisé M. Macuacua dans un communiqué, ajoutant que les troupes gouvernementales avaient également saisi des armes.

L’attaque a eu lieu à un peu moins de 20 km du quartier général du leader de la Renamo, Alfonso Dhlakama, dans le centre du Mozambique, où l’ancien chef de la guerre civile avait appelé ses troupes à commémorer le premier anniversaire de son retour dans le maquis.

Selon la télévision indépendante STV qui suivait les commémorations, M. Dhlakama a déclaré que ses combattants étaient, selon lui, tombés dans une embuscade.

Les forces gouvernementales ont cerné le cantonnement de la Renamo où l’attaque a eu lieu, maintenant une forte présence militaire, a rapporté STV, ajoutant que six soldats avaient été blessés.

La Renamo est devenu le principal parti d’opposition après la signature en 1992 d’un accord de paix avec le parti qui dirige le Mozambique depuis l’indépendance, le Frelimo.

L’accord a mis fin à 16 ans de guerre civile. Mais depuis avril, les tensions qui couvaient se sont transformées à nouveau en affrontements meurtriers.

L’ex-guerilla réclame une représentativité plus grande au sein de la commission électorale et des forces armées. Elle dénonce également la conduite du pays par le Frelimo, le parti aux affaires depuis l’indépendance, qu’elle accuse d’accaparer le pouvoir et les richesses naturelles.

Plusieurs négociations visant à mettre fin à ce conflit entre le gouvernement et les ex-rebelles de la Renamo ont échoué, mais le président mozambicain Armando Guebuza déclare rester ouvert à des rencontres avec M. Dhlakama, malgré les affrontements de jeudi, selon son bureau.

Des élections locales sont prévues le 20 novembre. La Renamo a menacé de les perturber si la loi n’était pas modifiée pour lui accorder la même représentativité que le parti au pouvoir au sein de la commission électorale, chargée d’assurer la bonne tenue des scrutins.

Le Parlement a appelé le parti d’opposition à proposer officiellement des modifications, mais la Renamo a systématiquement refusé, estimant que la majorité des membres du Frelimo voteraient contre.

Les commentaires sont fermés.