Musharraf, à peine libéré, de nouveau arrêté

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Pervez Musharraf escorté vers un tribunal d'Islamabad, le 20 avril 2013 (Archives/Aamir Qureshi/AFP)
Pervez Musharraf escorté vers un tribunal d’Islamabad, le 20 avril 2013 (Archives/Aamir Qureshi/AFP)

Finalement, l’ex-président pakistanais Pervez Musharraf n’aura pas eu son passeport pour l’exil: après s’être vu accorder mercredi la liberté sous caution, il a à nouveau été arrêté ce jeudi 10 octobre dans une autre affaire.

«Nous avons assigné à résidence le général Musharraf dans le cadre d’un dossier concernant une opération militaire dans une mosquée d’Islamabad», a déclaré Muhammad Rizwan, un haut responsable de la police de la capitale pakistanaise, rapporte l’AFP.

Le haut responsable se référait alors à l’intervention sanglante de l’armée en 2007 contre la Mosquée Rouge d’Islamabad, alors un vivier d’islamistes exigeant l’instauration de la charia (loi islamique) et la chute du gouvernement militaire de Pervez Musharraf

«Nous allons le faire comparaître devant un tribunal vendredi», a ajouté Muhammad Rizwan, après s’être rendu dans la villa cossue de l’ex-chef de l’État, située dans la banlieue de la capitale.

«Nous ferons bientôt une demande de mise en liberté sous caution», a rétorqué pour sa part Muhammad Amjad, secrétaire général du parti de l’ancien président, la Ligue musulmane du Pakistan (All Pakistan Muslim League, APML).

Dans une autre affaire, la seule pour laquelle il était encore assigné à résidence, celle de la mort d’Akbar Bugti, un ancien chef rebelle de la province du Baloutchistan (sud-ouest) tué dans une opération militaire en 2006, la Cour suprême avait accordé mercredi la liberté sous caution à Pervez Musharraf, qui a déjà passé environ six mois en résidence surveillée depuis son retour d’exil.

Plusieurs avaient interprété cette décision comme un passeport pour l’exil de l’ex-président âgé de 70 ans qui, depuis qu’il était rentré au pays le printemps dernier pour participer aux élections législatives de mai, n’a connu que des déboires.

Rattrapé par la justice, déclaré inéligible à vie, arrêté et assigné à résidence, Musharraf, arrivé au pouvoir en 1999 à la faveur d’un coup d’État sans effusion de sang et qui était restéà la tête du Pakistan jusqu’en 2008, a dû renoncer à son projet de participer aux élections et «sauver» son pays de la crise économique et de la montée en puissance des talibans pakistanais.

Outre les affaires de la Mosquée Rouge et Akbar Bugti, il est dans le collimateur des juges pour le meurtre, en décembre 2007, de sa rivale de l’époque Benazir Bhutto et pour la proclamation de l’état d’urgence la même année.

Les poursuites en cours contre Pervez Musharraf pourraient s’étirer sur des mois, voire des années et les observateurs estimaient mercredi qu’une fois la caution payée (deux millions de roupies – 20.000 dollars) en application de la décision de la Cour suprême, il aurait été en mesure de repartir à l’étranger, à moins que le gouvernement ne lui ait explicitement interdit de quitter son pays.

De la fin de 2008 au printemps dernier, il vivait d’ailleurs entre Londres et Dubaï, et donnait des conférences dans le monde entier.

Il semble toutefois que, contrairement à ce qu’on a pu croire, l’ex-président et ex chef des forces armées pakistanaises ne soit pas encore sorti de l’auberge.

*Avec AFP

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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