Nouveau commissaire au Centre de la sécurité des télécommunications Canada

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Cyberespionnage (Archives/Notimex)
Cyberespionnage (Archives/Notimex)

En pleine controverse autour de l’érection d’un nouveau siège social de 1,2 milliard $ en cette période d’austérité pour son agence de surveillance électornique et pour avoir espionné le ministère brésilien des Mines et de l’Énergie, la Défense nationale annonce la nomination d’un nouveau commissaire.

Le ministre de la Défense, Rob Nicholson, annonce en effet ce jeudi 10 octobre la nomination de Jean‑Pierre Plouffe à titre de nouveau commissaire du Centre de la sécurité des télécommunications(CSTC).

«Je suis heureux d’annoncer la nomination de Jean-Pierre Plouffe au poste de commissaire du Centre de la sécurité des télécommunications, a déclaré le ministre Nicholson», ajoutant «M. Plouffe possède de vastes connaissances dans le domaine juridique et il a l’expérience du système de justice militaire.»

Diplômé de l’Université d’Ottawa, M. Plouffe a été nommé à la Cour supérieure du Québec en 1990, puis nommé juge à la Cour d’appel de la Cour martiale du Canada en mars 2013.

M. Plouffe a eu une longue et brillante carrière, dit le communiqué de la Défense qui annonce cette nomination, tout d’abord au cabinet du juge-avocat-général, d’où il a pris sa retraite des Forces armées canadiennes au grade de lieutenant-colonel.

Il a par la suite été avocat de la défense en cour martiale et avec le cabinet privé Séguin, Ouellette, Plouffe et associés à Gatineau (Québec), ainsi que pour l’aide juridique à Hull (Québec). Il a été nommé juge militaire en 1980 en tant qu’officier de la Réserve, et juge à la Cour du Québec en 1982.

Cette nomination arrive au moment où les projecteurs ont été braqués cette semaine sur l’agence qui a plutôt l’habitude d’oeuvrer dans la plus grande discrétion.

Le nouveau siège social du CSTC dans la banlieue d’Ottawa, dont la pièce maîtresse est un gratte-ciel de verre massif couché sur le côté, a fait les manchettes en début de semaine et soulevé l’ire des contribuables canadiens.

Alors que le ministre de la Défense Rob Nicholson annonçait lundi 7 octobre un «ambitieux» plan pour réduire ses coûts administratifs de près de 1,2 milliard, il consacre la même somme à la construction du nouveau siège social à Ottawa de l’agence fédérale de surveillance électronique, révélait le lendemain la télévision publique canadienne.

Le CSTC estime officiellement que le complexe coûtera 880 millions de dollars, mais, dit la télévision publique canadienne, des sources proches du projet affirment qu’il sera plus proche de 1,2 milliard de dollars si on ajoute tous les coûts associés.

Tout ça alors que la Défense nationale prône l’austérité.

En outre, presqu’au même moment, l’ambassadeur canadien au Brésil, Jamal Khokhar, a été officiellement convoqué afin de s’expliquer sur l’espionnage dont aurait été victime le ministère brésilien des Mines et de l’Énergie de la part du CSTC.

À l’aide de documents fournis par l’ancien consultant de la NSA, Edward Snowden, la chaîne de télévision brésilienne Globo a en effet révélé que le CSTC aurait utilisé un logiciel nommé Olympia afin d’espionner des appels et des courriels en provenance ou destinés au ministère des Mines et de l’Énergie du Brésil.

Et l’affaire, qui a soulevé la colère des Brésiliens n’est pas finie: le journaliste Glenn Greenwald, qui est établi à Rio (celui-là même qui a publié les révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance électronique américains), a affirmé à la CBC qu’il y aurait d’autres révélations au sujet du Canada.

Le mandat du nouveau commissaire, qui arrive en pleine controverse, se divise en trois volets: examiner les activités du Centre de la sécurité des télécommunications (CSTC) pour en contrôler la légalité; aviser le ministre de la Défense nationale et le procureur général du Canada de tous les cas de non-conformité avec la loi; et enquêter sur les plaintes lorsqu’il le juge nécessaire.

Le commissaire fait annuellement rapport de ses constatations au ministre de la Défense nationale, qui présente à son tour le rapport aux deux chambres du Parlement. Pour qu’il puisse s’acquitter de ses responsabilités, le commissaire a accès à tous les documents relatifs aux activités du CSTC, de même qu’au personnel du Centre.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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