Plusieurs centaines de prisonniers seraient morts dans les geôles de l’armée nigériane

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Des soldats nigérians patrouillent dans le nord de l'Etat de Borno près d'un ancien camp du groupe islamiste Boko Haram, le 5 juin 203 près de Maiduguri (Photo: Archives/Quentin Leboucher/AFP)
Des soldats nigérians patrouillent dans le nord de l’Etat de Borno près d’un ancien camp du groupe islamiste Boko Haram, le 5 juin 203 près de Maiduguri (Archives/Quentin Leboucher/AFP)

Plusieurs centaines de personnes sont mortes en détention dans les geôles de l’armée depuis le lancement d’une vaste opération militaire contre les insurgés islamistes de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, dénonce Amnesty International.

«Les éléments que nous avons rassemblés suggèrent que, pour la seule année 2013, des centaines de personnes seraient mortes alors qu’elles étaient détenues par l’armée. Il s’agit d’un nombre ahurissant qui appelle des mesures urgentes de la part du gouvernement nigérian», a déclaré Lucy Freeman, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique.

Selon un rapport de l’organisation de défense des droits de l’Homme, des prisonniers ont été asphyxiés, affamés et assassinés sans jugement.

Un officier supérieur de l’armée nigériane a ainsi indiqué à Amnesty International qu’environ 950 personnes soupçonnées d’avoir des liens avec le groupe islamiste radical Boko Haram étaient mortes en prison au cours du premier semestre 2013.

Amnesty indique qu’un grand nombre de ces décès aurait eu lieu à la caserne de Giwa, à Maiduguri (État de Borno) et dans les centres de détention Sector Alpha, souvent appelé «Guantànamo», et Presidential Lodge (connu sous le nom de «Guardroom , ou «Salle de garde»), à Damaturu, dans l’État de Yobe.

D’après d’anciens détenus interrogés par Amnesty International, des personnes mouraient presque chaque jour à Giwa et Sector Alpha. Elles suffoquaient ou succombaient à des blessures dues à la surpopulation, ou elles mouraient de faim. Certaines avaient reçu de graves blessures consécutives à des coups et étaient mortes en détention faute de soins médicaux.

L’armée nigériane a toujours rejeté les accusations d’atteintes aux droits de l’Homme.

Rappelons que Boko Haram veut instaurer un État islamiste dans le nord du pays. Ses actions violentes et leur répression par les forces de sécurité nigérianes ont fait des milliers de morts depuis quatre ans.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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