Processus de paix: qui sont ces prisonniers qu’Israël s’apprête à libérer

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La prison israélienne d'Ofer, en Cisjordanie, (Photo: Club des prisonniers palestiniens)
La prison israélienne d’Ofer, en Cisjordanie, (Archives/Club des prisonniers palestiniens)

Israël va libérer dans la nuit de mardi à mercredi un nouveau groupe de 26 détenus palestiniens dans le cadre des négociations de paix en cours sous l’égide des États-Unis.

Les prisonniers, emprisonnés avant les accords d’Oslo en 1993, condamnés dans leur presque totalité à des peines de prison à vie pour le meurtre d’Israéliens, seront reconduits, pour 21 d’entre eux en Cisjordanie, et pour 5 autres dans la bande de Gaza.

La liste des prisonniers élargis avait été publiée dans la nuit de dimanche à lundi: dix-neuf appartiennent au parti nationaliste Fatah du président Abbas, quatre au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche) et trois au Hamas.

À l’exception d’un détenu, tous les prisonniers libérés ont été condamnés à au moins une peine de prison à vie et ont purgé des peines de 19 à 29 ans de prison, selon la liste publiée par le service des prisons israélien.

Les prisonniers ont été acheminés à la prison militaire d’Ofer, près de Jérusalem, lundi, où ils ont passé la nuit avant leur libération.

Les prisonniers originaires de Cisjordanie seront ensuite conduits en bus de la prison d’Ofer au barrage militaire de Beitunia. De là ils doivent gagner Ramallah (Cisjordanie), où ils seront reçus par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Les cinq prisonniers originaires de Gaza seront quant à eux conduits au point de passage d’Erez entre Israël et la bande de Gaza.

Qui sont ces prisonniers

Des Israéliens rassemblés devant la prison d’Ofer manifestent contre la libération de 26 détenus palestiniens, le 28 octobre 2013 à Betunia (Ahmad Gharabli/AFP)

Le 26 Palestiniens à être libérés incluent des terroristes qui ont enlevé, lynché et assassiné des soldats et des réservistes de Tsahal, ont tendu une embuscade et abattu des randonneurs non armés, ont tué un jeune couple sans défense assis dans leur voiture dans une forêt isolée la nuit, et ont torturés et exécutés des collaborateurs présumés.

Beaucoup ont tué des soldats et réservistes iraéliens.

Damouni Saad Mohammed Ahmed sera libéré dans la bande de Gaza cette semaine plus de 20 ans après avoir été reconnu coupable d’avoir participé au lynchage brutal du réserviste israélien Amnon Pomerantz, qui s’est retrouvé par erreur dans un camp de réfugiés après pris un mauvais virage. Il a été battu à mort devant sa voiture a été incendiée par des cocktails Molotov.

Shakir Alifu Musbach Nufal sera relâché en Cisjordanie cette semaine, quelque 27 ans après avoir été condamné à la prison à vie pour son rôle dans l’enlèvement et l’assassinat du soldat de 21 ans, Shaltiel Akiva, la nuit de la Pâque juive 1985.

Mais plusieurs autres ont assassiné des civils innocents.

Parmi les autres prisonniers à être libérés, on retrouve aussi deux terroristes du Fatah, Samarin Mustafa Kalib Asrar et Kra’an Azat Musa Musa, condamnés pour l’enlèvement 1992 et l’assassinat du soldat israélien Tzvi Klein en Cisjordanie en 1992, et deux hommes condamnés pour le meurtre du réserviste Aharon Avida en 1985,

Yosef Mahmad Haza Haza qui a assassiné les randonneurs Leah Elmakayis et Yossi Eliyahu dans une forêt sur la montagne de Guilboa en 1985, Abed al Raba Nimr Jibril Issa condamné pour l’assassinat des randonneurs Revital Seri et Ron Levy en 1984.

On retrouve aussi Abu- Dahila Hasan Atik Sharif, membre du Fatah, qui a battu et poignardé à mort Avi Osher, qui l’employait depuis 15 ans dans sa ferme de la vallée du Jourdain, Muaid Salim qui a tué Yosef Shirazi, un 62 agent de sécurité de 62 ans désarmé à l’Institut des sciences marines.

Et d’autres, encore, ont assassiné des Palestiniens, comme eux, ou des personnes qui avait pour mission d’aider la Palestine

Sabbag Ahmed Mahmoud Mahmed a été condamné à la prison à vie en 1990 pour avoir torturé et tué trois Palestiniens soupçonnés de collaboration avec Israël.

Et, finalement, certains, comme Amer Massoud Issa Rajib, qui a étécondamné pour le meurtre d’Ian Feinberg, qui a été abattu en avril 1993 dans la bande de Gaza, où il travaillait sur des plans de relance économique pour la région, ont même assassiné des gens dont la mission était d’aider la Palestine.

Décision déchirante

«La décision de libérer les prisonniers est une des décisions les plus difficiles que j’ai eu à prendre. Elle est injuste car ces terroristes sont relâchés avant d’avoir purgé leur peine. Mon cœur est avec les familles en deuil», a affirmé lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion de son parti Likoud (droite nationaliste).

Mais, deux jours avant la reprise des pourparlers de paix israélo-palestiniens le 30 juillet, M. Netanyahu avait accepté la libération de 104 prisonniers palestiniens, en plusieurs étapes, au fur et à mesure que progressaient les négociations de paix.

La première vague de libérations, de 26 détenus elle aussi, avait eu lieu le 13 août.

«Nous sommes obligés de manœuvrer sur un front international complexe qui nous contraint de prendre en compte divers éléments pour le bien d’Israël», a-t-il plaidé en appelant tous les membres de son gouvernement à «agir de façon responsable et raisonnable en ayant une vision à long terme».

Quelque 2.000 Israéliens, dont un ministre, ont manifesté lundi soir devant la prison d’Ofer, où sont regroupés les prisonniers, pour dénoncer les libérations.

Les manifestants, parmi lesquels se trouvait le ministre du Logement Uri Ariel, membre du Foyer juif, un parti national-religieux proche du lobby des colons, ont crié « À mort les terroristes» et brandi des pancartes proclamant: «Sommes-nous devenus fous? On libère des assassins».

Certaines familles d’Israéliens tués dans des attentats ont d’ailleurs décidé de faire appel des libérations imminentes devant la Cour suprême.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Israël n'a pas d'autre choix que des libérer des assassins pour espérer faire la paix avec des assassins… Un cycle pervers sous la contrainte des pays occidentaux, complices de faits des terroristes dans leur lâcheté face à la montée islamiste. Il n'en sortira rien de bon ni pour les uns ni pour les autres. Les européens sont d'ailleurs bien naïfs de croire (même si ils n'osent pas l'avouer) que les iraniens ne veulent l'arme atomique "que" pour vitrifier les juifs.