RDC: les forces congolaises disent avoir découvert des fosses communes

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Un char au milieu de la population le 15 juillet à Munigi en RDC (Archives/Phil Moore/AFP)
Un char au milieu de la population le 15 juillet à Munigi en RDC (Archives/Phil Moore/AFP)

Les autorités de République démocratique du Congo la disent avoir deux fosses communes alors que les forces congolaises repoussaient en ce 3e jour de combat la rébellion M23, se déployant notamment dans une de ses places fortes à Kiwanja, dans l’est du pays.
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Mise à jour au 27/10/2013

L’armée congolaise a pris dimanche deux places fortes de la rébellion du M23, à Kiwanja et Rutshuru, dans l’est de la République démocratique du Congo, au cours de violents combats pendant lesquels un Casque bleu tanzanien a été tué.

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Un capitaine de l’armée congolaise avait annoncé samedi soir la découverte de trois fosses communes à Kibumba.

Ce dimanche 27 octobre, le gouverneur du Nord-Kivu a confirmé à son tour «l’existence de deux fosses communes à Kibumba», sans donner d’estimation du nombre de corps qui pouvaient s’y trouver. Le gouverneur a réclamé une «enquête internationale pour aller établir les responsabilités et le contenu avec des spécialistes», car, a-t-il déclaré «si on sort les corps nous-mêmes, j’ai peur qu’on nous prête des intentions».

Sur le terrain, deux fronts sont désormais ouverts dans la province du Nord-Kivu, le premier depuis vendredi, à Kibumba, le second, samedi, autour de Kiwanja, à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, et les combats se poursuivent sur les deux fronts dimanche entre l’armée et le Mouvement du 23 mars (M23), qui perd du terrain, selon les autorités congolaises et l’ONU.

La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO), chargée de la protection des civils et qui appuie l’armée sur le terrain, dispose d’une importante base à Kiwanja, jusque-là contrôlée par le M23 qui s’y est livré à de nombreux pillages.

La MONUSCO, en lien avec les Forces armées de RDC serait à présent déployée dans Kiwanja d’où les rebelles se seraient retirés.

Des affrontements se sont aussi poursuivis aussi dimanche matin à quelques kilomètres de là à Kahunga et Nyongera

Pendant ce temps, sur le premier front ouvert vendredi, les combats continuent à environ 25 km au nord de Goma, où l’armée aurait repris partiellement la ville de Kibumba.

Kibumba, située sur un plateau à près de 1.800 mètres d’altitude, a une grande importance stratégique et verrouille la zone contrôlée par la rébellion M23 plus au nord.

La communauté internationale a réagi avec inquiétude à la situation et, samedi, le chef de la Monusco, Martin Kobler, et la représentante spéciale de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, ont exhorté l’armée et le M23 à faire preuve d’un «maximum de retenue» et à reprendre les pourparlers de paix de Kampala, suspendus le 20 octobre.

Le M23 est actif depuis mai 2012 dans une zone de quelque 700 kilomètres carrés limitrophe du Rwanda et de l’Ouganda, deux pays voisins de la RDC que Kinshasa et l’ONU accusent avec insistance – malgré leurs démentis – de soutenir la rébellion.

Issu en avril 2012 d’une mutinerie d’anciens rebelles intégrés dans l’armée congolaise, le M23 demande la pleine application de l’accord ayant régi l’incorporation de ses hommes en 2009, et défend plus généralement les droits des populations congolaises rwandophones, essentiellement tutsi.

*Avec AFP

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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