Soudans: rien de concret à l’issue de la rencontre des présidents el-Béchir et Kiir

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Le Président du Soudan Omar Al-Bachir et le Président du Soudan du Sud Salva Kiir en juillet 2011 (Photo: Isaac Billy/ONU)
Le Président du Soudan Omar Al-Bachir et le Président du Soudan du Sud Salva Kiir en juillet 2011 (Archives/Isaac Billy/ONU)

Les présidents soudanais Omar el-Béchir et sud-soudanais Salva Kiir ont eu des entretiens mardi à Juba sur les sujets de discorde entre leurs deux pays, mais n’ont rien annoncé de concret, même s’ils ont qualifié leurs entretiens de «fructueux».

Parmi ces sujets de discorde, il y a notamment a zone frontalière d’Abyei, revendiquée par les deux pays, et qui est encore source de tensions entre les deux voisins plus de deux ans après la partition du Soudan en juillet 2011, particulièrement en ce qui a trait à la question pétrolière et aux accusations mutuelles de soutien à divers groupes armés.

«Nous sommes prêts à fournir l’effort supplémentaire pour faire la paix avec le Soudan», a assuré M. Kiir à son homologue soudanais, son ancien ennemi des deux décennies de guerre civile meurtrière (1983-2005) entre la rébellion sudiste et le régime de Khartoum, rapporte l’Agence France-Presse.

«L’entrevue avec mon frère Salva Kiir a été fructueuse […] nous allons faire en sorte que toutes les questions en suspens soient réglées», a pour sa part déclaré Omar el-Béchir lors de cette visite à Juba, la deuxième depuis la proclamation de l’indépendance du Soudan du Sud.

Aucune avancée concrète n’a toutefois été annoncée sur Abyei, présentée pourtant comme «l’un des principaux sujets sur la table» mardi, et ce, malgré l’appel la veille de l’Union africaine (UA) à «saisir l’opportunité de leur sommet pour prendre des mesures concrètes».

Et, pour encore compliquer les choses, la communauté autochtone Ngok Dinka, population sédentaire de la région et branche de l’ethnie Dinka majoritaire au Soudan du Sud,a annoncé vendredi dernier son intention d’organiser son propre référendum d’autodétermination à Abyei.

Le statut de la province d’Abyei, prise en étau entre le Soudan et le Soudan du Sud et où patrouillent quelque 4.000 Casques bleus, est l’un des principaux litiges non résolus par l’accord de paix global qui a mis fin en 2005 à la guerre civile soudanaise et débouché sur l’indépendance du Soudan du Sud en 2011.

Mais les deux pays restent fortement en fonction l’un de l’autre: le Soudan du Sud a récupéré 75 % de la production de brut du Soudan pré-partition, mais dépend des oléoducs soudanais pour l’exporter.

Entre janvier 2012 et avril 2013, l’arrêt de la production sud-soudanaise de pétrole avait coûté des millions de dollars, vitaux pour les économies en difficulté des deux pays.

Le mois dernier, Khartoum avait menacé d’interrompre le flux de pétrole sud-soudanais à travers ses oléoducs, accusant Juba de soutenir des groupes armés sur son territoire.

Un référendum d’autodétermination à Abyei, prévu par cet accord de paix global de 2005 a sans cesse été repoussé depuis, notamment en raison d’un désaccord entre Khartoum et Juba sur le corps électoral, et la médiation de l’Union africaine sur le sujet est restée jusqu’ici infructueuse.

*Avec AFP

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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