Syrie: 4 des sept humanitaires libérés, mais trente morts dans un attentat

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Photo fournie par Human Rights Watch le 14 octobre 2013 montrant un véhicule incendié après un attentat à Darkouche, en Syrie (AFP)
Photo fournie par Human Rights Watch le 14 octobre 2013 montrant un véhicule incendié après un attentat à Darkouche, en Syrie (AFP)

Un attentat à la voiture piégée a fait lundi près de 30 morts, dont des enfants, dans un fief rebelle de la province syrienne d’Idlib (nord-ouest), où 4 des sept humanitaires de la Croix-Rouge enlevés dimanche ont été libérés.

Par ailleurs, après l’annonce hier par le Conseil national syrien de Georgres Sabra de son refus de participer à un Genève 2, la Russie a appelé les Etats-Unis à convaincre l’opposition syrienne divisée de participer à cette conférence de paix, tandis que le secrétaire d’État américain John Kerry a estimé qu’il était «urgent de fixer une date» pour cette réunion.

L’attentat à la voiture piégée s’est produit sur un marché de la ville de Darkouche, à quelques kilomètres de la frontière turque, a rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui fait état de 27 morts, dont 3 enfants et une femme, et de dizaines de blessés.

C’est également dans la province d’Idleb, en majeure partie tenue par les rebelles, que six membres du Comité international de la Croix rouge (CICR), pour la plupart de nationalité syrienne, et un membre du Croissant rouge syrien, ont été enlevés dimanche.

L’employé du Croissant rouge et trois membres du CICR ont été libérés lundi et sont « sains et saufs », a annoncé à Genève la Croix rouge, en se disant toujours « dans l’attente de plus d’informations » sur les trois derniers otages.

 

Selon l’OSDH, qui s’appuie sur un vaste réseau de militants, médecins et travailleurs humanitaires sur le terrain, l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda, est derrière cet enlèvement.

Le CICR, qui compte une trentaine d’expatriés et environ 120 employés syriens en Syrie et n’avait jusqu’à présent pas subi d’enlèvement dans ce pays, avait fait part hier par la voix de son responsable en Syrie, magne Barth, de sa détermination à poursuivre ses missions en Syrie, tout en assurant que la sécurité de son personnel était une priorité.

«Le CICR est résolu à venir en aide à la population syrienne et continuera à mener ses activités humanitaires à la fois dans le pays et dans les pays voisins pour les réfugiés», avait déclaré le chef de la délégation du CICR en Syrie

De son côté, Croissant rouge syrien a perdu quant à lui 22 collaborateurs qui ont été tués depuis le début du conflit.

L’appel russe aux Américains

Dimanche 13 octobre, alors que Russes, Américains et ONU cherchent à réunir régime et opposition autour d’une même table à la mi-novembre, le chef du Conseil national syrien, Georges Sabra, a aussi menacé de se retirer de la Coalition nationale syrienne (CNS, qui chapeaute les groupes d’opposition) si celle-ci prenait part à la conférence de paix dite Genève 2.

Georgrs Sabra a expliqué cette décision par les souffrances endurées par la population, dans ce conflit qui en est à sa troisième année et a fait plus de 110.000 morts et des millions de déplacées et de réfugiés.

Avec cette décision, les divisions s’accentuent au sein d’une opposition déjà très fragmentée et affaiblie par un désaveu des principaux groupes djihadistes qui ont décidé le mois dernier de mener leur propre combat, le Front Al-Nosra et l’Émirat Islamique en Irak et au Levant, deux groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et d’autres groupes rebelles islamistes en Syrie rompant avec l’opposition politique modérée.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, dont le pays est un allié indéfectible du régime Assad, a donc jugé que «le principal obstacle» à la tenue de la conférence de paix le plus vite possible restait «l’incapacité de nos partenaires à faire en sorte que l’opposition, qu’ils soutiennent, aille à Genève et prenne place à la table des négociations avec le gouvernement».

Le CNS refuse toute transition n’impliquant pas un départ de M. Assad.

En outre, Geoges Sabra accusé la communauté internationale d’avoir laissé le régime impuni après l’attaque chimique du 21 août près de Damas, qui avait fait planer la menace de frappes occidentales, finalement écartée par l’accord américano-russe sur le démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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