Syrie: attentat meurtrier en banlieue de Damas et situation humanitaire pire que jamais

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Photo diffusée par l'agence officielle syrienne Sana le 25 juillet 2013 d'un attentat à Jaramana, une banlieue de Damas(Archives/AFP)
Photo diffusée par l’agence officielle syrienne Sana le 25 juillet 2013 d’un attentat à Jaramana, une banlieue de Damas(Archives/AFP)

La banlieue de Damas a été frappée samedi par un nouvel attentat meurtrier, alors que la situation humanitaire en Syrie est pire que jamais et que l’ONU lance de nouveau un appel à un cessez-le-feu et à l’ouverture d’un couloir humanitaire.
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Mise à jour au 20/10/2013 à 9h54

La conférence de Genève-2 qui doit tenter de trouver une solution au conflit en Syrie aura lieu le 23 novembre a annoncé dimanche la Ligue arabe, au moment où un nouvel attentat tuait 31 personnes à Hama, rapporte l’AFP.

L’émissaire de l’ONU et la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a toutefois prévenu au Caire qu’il n’était pas envisageable de réunir la conférence destinée à trouver une issue politique à un conflit qui a fait depuis mars 2011 plus de 115.000 morts en l’absence d’une opposition syrienne «crédible».

L’opposition doit décider la semaine prochaine à Istanbul de sa participation à Genève-2 qui doit, si les diplomates y parviennent, réunir autour d’une même table régime et opposition.

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Dans la banlieue sud-est de Damas, un attentat a frappé l’entrée de la ville pro-régime de Jaramana, faisant 16 blessés parmi les civils, rapporte l’agence officielle Sana, accusant les «terroristes», le terme employé par le régime Assad pour désigner les rebelles, d’être les auteurs de cet attentat.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état pour sa part de 16 soldats et 15 rebelles islamistes tués dans cet attentat à Jaramana perpétré par un kamikaze du Front Al-Nosra, un groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda, et les intenses combats qui l’ont suivi, lorsque les rebelles ont tenté de conquérir un barrage stratégique entre Jaramana, ville à majorité chrétienne et druze, et la localité rebelle adjacente de Mléha.

Alors que 3.000 civils sont pris au piège dans la ville de Mouadamiyat al-Cham, en banlieue de Damas, là même où a eu lieu l’attaque chimique du 21 août, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence des Nations Unies, Valerie Amos, a appelé à un cessez-le-feu et à l’établissement immédiat d’un couloir humanitaire pour les secourir.

La patronne des opérations humanitaires de l’ONU, Valérie Amos, a encore appelé «toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités Mouadamiyat al-Cham pour permettre un libre accès aux associations humanitaires afin d’évacuer les civils restants et d’apporter les médicaments et soins nécessaires».

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires a aussi souligné que «des milliers de familles restent prisonnières dans d’autres villes à travers la Syrie».

Vendredi, les États-Unis avaient déjà lancé eux aussi un appel à un cessez-le-feu. Condamnant le siège par l’armée de plusieurs banlieues, les États-Unis avaient déjà pressé le régime syrien de permettre l’accès à des convois d’aide pour les civils pris au piège, notamment dans des zones contrôlées par les rebelles à la périphérie de Damas.

Il y a un «nombre sans précédent d’enfants qui meurent de maladies liées à la malnutrition», avait déploré pour sa part la porte-parole du Département d’État américain, Jan Psaki.

En outre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé samedi deux cas suspects de poliomyélite en Syrie, une maladie très contagieuse qui n’avait pas été enregistrée dans ce pays depuis 1999.

Pendant ce temps, l’ONU et les États-Unis continuaient de déployer déployaient des efforts dans en vue d’organiser pour novembre la conférence de paix internationale dite Genève 2.

Le médiateur Lakhdar Brahimi a rencontré de son côté samedi au Caire le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmy, avant de s’entretenir dimanche avec le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, et il doit également se rendre à Damas et à Téhéran.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry participera pour sa part mardi à Londres à une réunion des «Amis de la Syrie» (les pays soutenant l’opposition) pour discuter de la conférence de paix.

L’organisation de la conf.érence de paix est comploqués par la division de l’opposition syrienne soutenue par les puissances occidentales, sa principale composante, le Conseil national syrien, ayant même signifié le 13 octobre son refus d’y participer, et la question du sort du président Bachar al-Assad, l’opposition syrienne refusant que le président syrien puisse jouer le moindre rôle dans une transition démocratique.

Ces tractations diplomatiques en vue de la conférence de paix souhaitée tant par les Russes que les Américains interviennent un peu plus d’un mois après la conclusion de l’accord américano-russe sur la destruction de l’arsenal chimique syrien.

L’opération va maintenant bon train malgré les difficultés et les combats, la mission conjointe ONU-OAIC ayant déjà réussi à inspecter la moitié des sites où sont entreposés des armes chimiques.

Le Secrétaire d’État américain, John Kerry, a même avancé que les armes chimiques syriennes pourraient être «convoyées par bateau en dehors de la région» pour être détruites en toute sécurité.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, chargée de superviser la destruction de l’arsenal chimique en Syrie, a tout de même appelé la semaine dernière à des cessez-le-feu temporaires en Syrie afin que ses inspecteurs puissent effectuer leur mission dans les délais impartis.

La date limite pour la destruction de toutes les installations de production d’armes chimiques a été fixée au 1er novembre.

*Avec AFP et Sana

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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