Syrie: des centaines de djihadistes avancent vers la frontière avec la Turquie

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Des membres d'une brigade islamiste en Syrie le 25 février 2013 à Deir Ezzor, dans l'est (Photo: Archives/Zac Baillie/AFP)
Des membres d’une brigade islamiste en Syrie le 25 février 2013 à Deir Ezzor, dans l’est (Photo: Archives/Zac Baillie/AFP)

Pendant que l’Occident focalise sur le démantèlement de l’arsenal chimique du régime Assad, la guerre civile se poursuit et oppose ausi maintenant les djihadistes aux insurgés syriens plus modérés.

Les combattants de l’Émirat Islamique en Irak et au Levant, un groupe lié à Al Qaïda ont pris au moins deux villages près d’Azaz, ville située à quelques kilomètres du poste-frontière, poussant les habitants à fuir la zone, et des centaines de djihadistes avançaient mercredi vers un poste-frontière entre la Syrie et la Turquie, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un organisme indépendant qui s’appuie sur un réseau de médecins, travailleurs et militants sur le terrain,

Cette avancée intervient après des combats avec la brigade de la Tempête du Nord, un groupe qui fait partie de l’Armée syrienne libre (ASL), la force rebelle appuyée par des pays arabes et occidentaux.

Le 18 septembre, l’opposition syrienne avait été choquée par la conquête de la ville d’Azaz, ville frontalière de la Turquie, par les combattants djihadistes de l’EIIL que le groupe lié à Al-Qaïda avait arraché aux insurgés des l’Armée Syrienne libre à l’issue d’une opération éclair inattendue.

À la suite d’un accord, l’ASL s’était retirée de la ville, à l’exception de l’unité Tempête du Nord.

Les combattants de la brigade de la Tempête du Nord se sont maintenant retirés de leurs barrages et de leurs sièges quand ils ont senti qu’ils ne pouvaient pas résister» avant l’arrivée des djihadistes.

L’entrée de l’EIIL dans la ville d’Azaz et les combats meurtriers avaient éclaté entre les deux bords avait poussé Ankara à fermer le poste-frontière de son côté.

L’avancée de l’EIIL mercredi intervient également alors que s’intensifient les combats entre l’EIIL, affiliée à Al-Qaïda, et des groupes de l’ASL, notamment dans le nord de la Syrie, qui échappe en grande majorité aux troupes du régime du président Bachar al-Assad.

La rivalité entre l’EIIL, en majorité composé d’étrangers, et les rebelles syriens, s’est exacerbée après que le groupe radical s’est aliéné la population locale en raison de ses exactions (arrestations, meurtres) et de son interprétation extrême de l’islam.

Le mois dernier Le Front Al-Nosra et l’Émirat Islamique en Irak et au Levant, deux groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et d’autres groupes rebelles islamistes en Syrie ont finalement rompu «officiellement» avec l’opposition politique modérée et qu’ils allaient dorénavant mener leur propre combat.

«La Coalition nationale et le gouvernement d’Ahmad Tomeh [ un islamiste modéré, nommé premier ministre intérimaire par l’opposition syrienne] ne nous représentent pas, et nous ne les reconnaissons pas non plus», ont indiqué 13 des groupes rebelles islamistes les plus puissants sur le terrain, dont l’EIIL et le Front Al Nosra, dans un communiqué.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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