Treize ans après la fin de la guerre, un attentat vise un Serbe du Kosovo

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Treize ans après la guerre opposant Serbes et Kosovars et au cours de laquelle des centaines de milliers d’Albanais du Kosovo avaient été chassée de leurs foyers par les Serbes, un attentat à la bombe a visé le domicile d’un Serbe du Kosovo.

La Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) a pour sa part fermement condamné lundi 14 octobre l’attentat à la bombe perpétré contre le domicile d’un Serbe du Kosovo, Nebojsa Maric, au nord de la ville de Mitrovica, rapporte le service d’information de l’ONU.

Après la guerre du Kosovo opposant l’armée yougoslave à l’armée de libération du Kosovo et à laquelle mit fin l’intervention de l’OTAN en 1999, la MINUK devait assurer une administration intérimaire dans le cadre de laquelle la population du Kosovo pourrait jouir d’une autonomie substantielle.
Au lendemain de la déclaration de l’indépendance par les autorités kosovares et de l’entrée en vigueur d’une nouvelle constitution le 15 juin 2008, le mandat de la MINUK a été axé sur la promotion de la sécurité, de la stabilité et du respect des droits de l’homme dans ce pays.

Toutefois, comme le démontre l’attaque de lundi, les plaies des années de guerre ne sont pas encore toutes pansées et le ressentiment envers les Serbes demeure vif chez les Kosovars.

Un engin explosif a été placé sur la fenêtre de l’appartement du rez-de-chaussée d’un bâtiment habité par un couple Serbe du Kosovo dans le centre de la partie nord de Mitrovica.

L’explosion s’est produite lundi matin 14 octobre, un certain temps avant 4 heures, sans faire de blessé, mais causant des dommages matériels importants à la propriété, aux immeubles voisins, ainsi qu’à un véhicule.

Le propriétaire de l’appartement et sa femme n’étaient pas à leur domicile au moment de l’explosion.

« Ces actes de violence lâches doivent être condamnés. Ils compromettent gravement la sécurité et la stabilité dans la région », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, Farid Zarif.

Le Chef de la MINUK a demandé l’ouverture rapide d’une enquête approfondie sur cet incident. «Je tiens à souligner également que les autorités doivent prendre des mesures efficaces pour prévenir de tels actes de violence à l’avenir », précise M. Zarif.

«J’ai personnellement reçu des assurances fortes de la part de toutes les parties au débat dans le nord du Kosovo que les actes de violence et d’intimidation ne seront pas tolérés. Je me tourne donc vers les dirigeants locaux pour qu’ils veillent à faire preuve de la plus étroite coopération avec les forces de l’ordre. Toute tentative malavisée de saper la stabilité pendant le processus électoral devra être appréhendée comme une question de la plus haute importance », a mis en garde le Représentant spécial selon ce que rapporte le service d’information de l’ONU.

«Ces actes de violence doivent cesser», a insisté M. Zarif.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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