Tunisie: la feuille de route devant sortir le pays de l’impasse n’est pas encore signée

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Le chef du parti islamiste au pouvoir Ennahda, Rached Ghannouchi, en conférence de presse le 15 août 2013 à Tunis (Photo: Fethi Belaid/AFP)
Le chef du parti islamiste au pouvoir Ennahda, Rached Ghannouchi, en conférence de presse le 15 août 2013 à Tunis (Photo: Archives/ Fethi Belaid/AFP)

L’incertitude régnait sur le lancement solennel prévu samedi de négociations entre islamistes au pouvoir en Tunisie et opposants qui sont censés s’engager dans un mois de pourparlers pour résoudre la profonde crise politique qui paralyse le pays, rapporte aujourd’hui l’AFP.
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Mise à jour au 06/10/2013

Finalement, Ennahda, le parti islamiste dirigé par Rached Ghannouchi. a signé avec l’opposition une feuille de route qui prévoit la formation dans les trois prochaines semaines d’un exécutif formé de ministres «indépendants», l’adoption d’une Constitution et d’un calendrier électoral.

Toutefois, le Congrès pour la République, parti du président Moncef Marzouki et allié d’Ennahda, a quant à lui refusé de signer la feuille de route.

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Selon le syndicat UGTT, principal médiateur, dit l’agence, le blocage vient du refus de la coalition au pouvoir dirigée par le parti islamiste Ennahda de signer formellement la feuille de route fixant le calendrier du «dialogue national».

Jusqu’à présent, Ennahda avait affirmé accepter la feuille de route qui prévoit dans les quatre prochaines semaines la mise en place d’un gouvernement d’indépendants et l’adoption d’une Constitution, d’une loi électorale et d’un calendrier pour les prochaines élections.

Toutefois, aucun représentant d’Ennahda n’était présent au Palais des Congrès de Tunis vers 11h00, heure locale,, deux heures après l’heure prévue du début de cette réunion.

L’ensemble des partis de l’Assemblée nationale constituante (ANC), le président Moncef Marzouki, le Premier ministre islamiste Ali Larayedh et le président de l’ANC Mustapha Ben Jaafar doivent participer cette réunion de samedi.

Signe de l’animosité ambiante, des figures d’opposition ont accusé une nouvelle fois cette semaine Ennahda d’être impliqué dans l’assassinat de Mohamed Brahmi et dans celui en février d’un autre opposant, Chokri Belaïd.

Ces crimes jamais revendiqués ont été attribués à la mouvance salafiste.

La paralysie institutionnelle, associée à l’émergence de groupes salafistes armés, ont plombé l’économie tandis que l’inflation et la dépréciation du dinar tunisien viennent grignoter le pouvoir d’achat.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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