Violences en Haïti après l’arrestation d’un avocat de l’opposition

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Le colonel Martin Girard, alors chef d’état-major de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH), se promène en novembre 2008, dans les rues de Cité Soleil pour rencontrer des résidents( Photo: adjudant Carole Morissette, Caméra de combat des Forces canadiennes)
Partie intégrante de la Mission des Nations unies pour la stabilisation enHaïti (MINUSTAH), près d’une quarantaine de militaires du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment sont déployés en Haïti  jusqu’en décembre 2013 dans le cadre l’opération canadienne Hamlet . Ici, le colonel Martin Girard, alors chef d’état-major de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH), se promène en novembre 2008, dans les rues de Cité Soleil pour rencontrer des résidents(adjudant Carole Morissette, Caméra de combat des Forces canadiennes)

Le calme était revenu en début de soirée en Haïti après de violentes manifestations mercredi dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince ayant opposé pendant des heures des forces de l’ordre et des groupes de jeunes suite à l’arrestation d’un avocat de l’opposition.

Plusieurs rues ont été bloquées par des barricades en feu et des tas de pierres entreposées par des manifestants en colère qui réclamaient la libération du jeune avocat André Michel, un farouche opposant au président Michel Martelly à la base d’une plainte pour corruption visant l’épouse et le fils du chef de l’État haïtien.

Interpellé mardi soir par la police lors d’un contrôle routier, Me Michel a été libéré dans la confusion mercredi en fin d’après-midi. Il est sorti du tribunal dans un véhicule de parlementaires.

Il s’est mis à couvert pour sa sécurité. Il est très inquiet et a exprimé des craintes pour sa vie, a expliqué à l’AFP Me Carlos Hercule, le bâtonnier des avocats de la capitale.

Toutefois, l’avocat fait l’objet d’un mandat de la justice qui veut l’interroger sur l’assassinat en 2010 d’un jeune étudiant.

«C’est un dossier qu’il a traité. Il n’avait rien à voir avec le meurtre», a expliqué le bâtonnier.

La corporation des avocats de la capitale a lancé mercredi une grève générale afin d’exiger la démission du procureur (Commissaire du gouvernement).

L’interpellation spectaculaire du jeune avocat mardi a déclenché des réactions de colère et de protestation de jeunes manifestants ainsi que l’indignation des professionnels du droit et de la classe politique.

Mercredi, plusieurs centaines de manifestants ont scandé des slogans contre le pouvoir en place, réclamant la démission de M. Martelly qu’ils accusent de vouloir réinstaurer la dictature en Haïti.

Qu’il le veuille ou non, Martelly doit partir. Il n’a pas sa place en Haïti, ont chanté des étudiants qui ont échangé des jets de pierre avec des patrouilles de la police, qui a riposté en lançant des gaz lacrymogène.

C’est un acte arbitraire et illégale. Nous sommes en dictature. Les garanties judiciaires n’ont pas été respectées dans cette arrestation. L’avocat a été arrêté parce qu’il dénonçait les dérives du pouvoir, avait dénoncé mardi soir le militant des droits de l’homme Pierre Espérance, du Réseau de défense des droits de l’homme après l’arrestation d’André Michel.

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