Alep: en plein combat contre le régime les djihadistes menacent encore les autres rebelles

Un rebelle syrien à Alep, le 6 novembre 2013 (Karam Al-Masri/AFP)
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Un rebelle syrien à Alep, le 6 novembre 2013 (Karam Al-Masri/AFP)
Un rebelle syrien à Alep, le 6 novembre 2013 (Archives/Karam Al-Masri/AFP)

Alors que les combats opposant mercredi dans le nord de la Syrie les forces du régime aux djihadistes tournaient cette fois à l’avantage des premiers, l’EIIL sommait les forces rebelles de se mobiliser pour contrer la progression de l’armée vers Alep, tenue en grande partie par la rébellion.

Dans une nouvelle version de «Crois ou meurs!», devenue «Combats ou meurs!», le groupe djihadiste a menacé tous ceux, en particulier les autres factions rebelles armées, qui ne répondraient pas à son appel à la mobilisation générale de les désarmer et de les traîner «devant le tribunal de la Charia».

Après la reprise aujourd’hui par les forces de Damas et ses alliés du contrôle de la route Khanasser-Sfeira, l’EIIL, (l’État islamique en Irak et au Levant) d’Alep a publié une déclaration confirmant qu’elle a subi plusieurs pertes au cours des affrontements avec les forces du régime à la base de la 80e Brigade, dans la ville de Tal’aran et dans la ville d’al-Sfeira.

Particulièrment nerveux, le groupe djihadiste rend responsable de sa défaite ans sa déclaration que rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) les autres groupes rebelles pour «leur incapacité à se battre».

L’ISIS a enjoint non seulement toutes les factions armées, mais «tous les musulmans à se diriger vers les fronts de bataille pour résister à l’ennemi», appellant «ceux qui ne sont pas capables de se battre physiquement à soutenir la rébellion avec des armes et de l’argent» et, de dénoncer les «groupes de traîtres et les agents dormants de cellules [du régime] dans les zones libérées» au groupe djihadiste.

Six brigades islamistes, dont Ahrar al-Cham, le Front al-Nosra et Liwa al-Tawhid, avaient déjà appelé lundi à la mobilisation générale à Alep.

Lundi, l’armée avait annoncé qu’elle contrôlait le sud-est de l’aéroport international d’Alep, après la reconquête de la Base-80, contrôlée par les rebelles depuis février.

Les combats se poursuivent maintenant à Tell Hassel, une localité aux mains des rebelles et des djihadistes située à 12 km au nord de Sfira, repris fin octobre par l’armée, rapporte aussi l’OSDH, l’armée syrienne progressant à Tal Hassel et étendant ses opérations pour récupérer les régions capturées par les rebelles.

Pendant ce temps, dans le sud de Damas, l’armée s’est emparée d’une localité dans le cadre de son offensive visant à couper la capitale de sa banlieue, où la rébellion est très présente, a affirmé de son côté la télévision syrienne.

L’armée grignote depuis des mois les positions rebelles pour reprendre le contrôle des quartiers au sud de la capitale, sans pour parvenir à empêcher les tirs d’obus sur la capitale qui ont fait ce mercredi 13 novembre 3 morts et 30 blessés selon l’OSDH.

Des obus ont touché la place de Bab Touma, un quartier majoritairement chrétien dans le centre de la capitale, ainsi que le marché al-Hal dans le quartier de Zablatani, également dans le centre, précise pour sa part l’agence officielle Sana.

Lundi, des obus avaient visé les quartiers à majorité chrétiens de Damas, touchant en particulier une école et un bus scolaire à bord duquel quatre enfants et le chauffeur avaient été tués, selon les parents d’élèves.

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