Assassinat d’Arafat: pour les Palestiniens Israël est le seul suspect

La commission d'enquête officielle palestinienne sur la mort d'Arafat lors d'une conférence de presse à Ramallah, le 8 novembre 2013 (Abbas Momani/AFP)
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La commission d'enquête officielle palestinienne sur la mort d'Arafat lors d'une conférence de presse à Ramallah, le 8 novembre 2013 (Abbas Momani/AFP)
La commission d’enquête officielle palestinienne sur la mort d’Arafat lors d’une conférence de presse à Ramallah, le 8 novembre 2013 (Abbas Momani/AFP)

Les dirigeants palestiniens, engagés dans des pourparlers de paix avec Israël, mais sous pression pour agir après la diffusion d’analyses médicales suisses et russes confortant la thèse d’un empoisonnement de leur chef historique Yasser Arafat, ont désigné vendredi l’État hébreu comme «l’unique suspect de son assassinat», rapporte l’AFP.

Ils ont aussi exigé que la France, dont la Justice a fait analyser des échantillons biologiques du chef historique palestinien, de leur transmette à son tour les résultats, comme viennent de le faire l’Agence fédérale russe d’analyses biologiques et un laboratoire suisse.

«Israël est le premier, le principal et unique suspect dans l’affaire de l’assassinat de Yasser Arafat», a affirmé le président de la commission d’enquête officielle palestinienne sur la mort d’Arafat, Tawfiq Tiraoui, lors d’une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie, rapporte l’agence française.

Les rapports suisse et russe sur les échantillons de la dépouille établissent que Yasser Arafat n’est mort «ni de vieillesse, ni de maladie, mais par empoisonnement», affirme le Dr Abdallah al-Bachir, chef de l’équipe médicale de la commission.

Infographie sur les caratéristiques du polonium 210 et les effets sur le corps humain (AFP)

«Nos résultats soutiennent raisonnablement la thèse de l’empoisonnement», a déclaré pour sa part jeudi le Dr François Bochud, directeur de l’Institut de radiophysique appliquée de Lausanne, un des auteurs du rapport suisse.

L’expertise russe confirme quant à elle l’empoisonnement au polonium, sans pouvoir toutefois déterminer si c’est bien cause de la mort.

L’analyse française des échantillons, prélevés par une équipe agissant dans le cadre de l’information judiciaire pour assassinat ouverte en 2012 en France à la suite d’une plainte déposée par la veuve, Souha Arafat, n’a toutefois pas été communiquée.

«Nous avons envoyé une nouvelle lettre aux Français demandant d’accélérer l’envoi des résultats et nous attendons toujours», a déclaré à ce propos le ministre palestinien de la Justice Ali Mhanna.

Interrogé à ce sujet hier, 7 novembre, lors d’un entretien sur ITélé, le ministre français, à qui on demandait de confirmer l’empoisonnement l’empoisonnement du leader et héros palestinien au polonium 210 que «Cette rumeur a existé depuis longtemps», ajoutant qu’une instruction judiciaire était en cours et qu’il s’en remettait à elle.

Lors de l’ouverture de la tombe d’Arafat, en novembre 2012m le président de la commission d’enquête palestinienne avait alors déclaré que si les résultats confirmaient la thèse de l’empoisonnement, les dirigeants palestiniens saisiraient la Cour pénale internationale (CPI), un recours qui paraît compromis dans l’immédiat.

La publication des résultats tombe à un moment inopportun pour le président palestinien Mahmoud Abbas, qui avait accepté de suspendre toute démarche auprès des organisations internationales, y compris les instances judiciaires, pendant les négociations de paix avec Israël,

Interrogé sur les suites judiciaires de ses déclarations, le président de la commission d’enquête a répondu qu’une telle initiative revenait à la direction palestinienne.

Par ailleurs, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor a quant à lui de nouveau démenti «des accusations sans fondement et sans la moindre preuve». «Israël n’a pas tué Arafat, point final», a-t-il déclaré à la presse.

Le Premier ministre israélien de l’époque «Ariel Sharon avait ordonné de tout faire pour éviter qu’Arafat –encerclé par l’armée israélienne à la Mouqatta, le siège de l’Autorité palestinienne à Ramallah jusqu’à son évacuation vers la France– soit tué par nos soldats», a aussi rappelé pour sa part Raanan Gissin, ancien porte-parole et conseiller d’Ariel Sharon.

Quant à la veuve du leader empooisonné, Souha Arafat, elle avait déclaré lors d’entrevues à la presse que le polonium avait sans doute été administré à son mari par un membre de son entourage.

*Avec AFP

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