Attention au CSTC dit le Comité de surveillance au Service canadien de renseignement!

Cyberespionnage (Archives/Notimex)
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Cyberespionnage (Archives/Notimex)
Cyberespionnage (Archives/Notimex)

Attention aux fréquentations dangereuses: le Comité de surveillance des activités du renseignement de sécurité canadiennes (CSARS) met en garde le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS)contre les dangers de la collaboration avec ses collègues du Centre de la sécurité des télécommunications du Canada (CSTC).

La collaboration de plus en plus grande entre divers services de renseignements de sécurité canadiens augmente le risque de perte de contrôle sur l’information qu’ils détiennent et qui pourrait toucher des Canadiens, notamment aux mains de la National Security Agency des États-Unis (NSA) et, pour cette raison, le CSARS recommande la plus grande prudence dans la coopération entre le SCRS et le CSTC.

Le rapport annuel du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité canadiennes (CSARS)

Le CSTC recueille et analyse les renseignements électroniques comme des communications par internet, en majeure partie à l’extérieur des frontières canadiennes tandis que le mandat du SCRS, qui s’appuie traditionnellement sur des sources humaines, plutôt qu’électroniques, est surtout domestique.

La mission du SCRS inclut l’antiterrorisme et le contre-espionnage et le nouveau patron du SCRS, Michel Coulombe, entend mettre l,accent sur le terrorisme qui vient de l’intérieur,(«homegrown terrorism», souvent le fait d’individus qui se sont «autoradicalisés».

Sur le front domestique, le SCRS doit collaborer étroitement avec, notamment, les Forces armées canadiennes, le Centre de la sécurité des télécommunications, le Ministère de la Défense nationale et la Gendarmerie royale du Canada.

Alors que la NSA est au centre d’une controverse internationale sur l’étendue de ses activités d’espionnage depuis que l’un de ses anciens consultants, Edward Snowden, a décidé de les rendre publiques, le CSARS s’est montré préoccupé de l’utilisation que pourraient faire de ces informations les cinq partenaires principaux du CSTC: la NSA (États-Unis), le Service gouvernemental d’écoutes et de transmission (Royaume-Uni), leDefence Signals Directorate (Australie) et le Bureau de la sécurité des communications du gouvernement (Nouvelle-Zélande).

En outre, le CSTC, qui aurait utilisé un logiciel nommé Olympia afin d’espionner des appels et des courriels en provenance ou destinés au ministère des Mines et de l’Énergie du Brésil, est soupçonné d’avoir travaillé avec le groupe TAO, nom de code d’une unité d’espionnage d’élite américaine.

Le CSARS ne demande toutefois pas au SCRS et au CSTC cesser ou de diminuer leur collaboration mais plutôt d’améliorer l’encadrement des relations entre les deux organismes.

Dans son rapport annuel d’une quarantaine de pages déposé au Parlement jeudi, le CSARS recommande donc un resserrement des règles et politiques de coopération entre le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et du Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC).

Il recommande donc que le le SCRS élabore des principes généraux de coopération avec le CSTC plus clairs et plus solides, ajoutant que «ces principes devraient répondre au nombre croissant de défis qui ont surgi entre les deux organisations, tout en respectant leurs mandats respectifs»

Le CSARS est présidé par l’ancien ministre conservateur Chuck Strahl. Il compte quatre autres membres, dont Deborah Grey. Mme Grey a été la première députée de l’ancien parti de Stephen Harper, le Reform Party, à être élue à la Chambre des communes. Ses autres membres sont Denis Losier, Yves Fortier er Frances Lankin.

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