Centrafrique : la France prête à envoyer 800 soldats supplémentaires

Les rebelles centrafricains de la Séléka ont fait le 24 mars dernier leur entrée dans Bangui (Photo: Archives/Réseau des journalistes centrafricains des droits de l'homme)
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Les rebelles centrafricains de la Séléka ont  fait le 24 mars dernier leur entrée dans Bangui (Photo: Archives/Réseau des journalistes centrafricains des droits de l'homme)
Les rebelles centrafricains de la Séléka ont fait le 24 mars dernier leur entrée dans Bangui (Photo: Archives/Réseau des journalistes centrafricains des droits de l’homme)

La France est prête à envoyer en Centrafrique 800 soldats qui viendraient s’ajouter aux 410 militaires déjà sur place, a affirmé lundi à l’AFP le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye à l’issue d’une rencontre avec le chef de la diplomatie française à Paris.
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Mise à jour au 26/11/2013 à 13h00

Après le Mali, la France s’apprête à intervenir en Centrafrique avec un millier de soldats et un projet de résolution à l’ONU proposant à terme à l’envoi de Casques bleus dans ce pays en proie au chaos.

«Un millier de soldats» français vont être déployés en Centrafrique «pour une période brève, de l’ordre de six mois à peu près», afin de rétablir l’ordre en appui d’une force africaine, a annoncé mardi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

«La France accompagnera une force africaine déjà en cours de constitution, composée d’éléments militaires venus des pays voisins pour faire en sorte que ce massacre s’arrête», a-t-il précisé à la radio Europe 1.

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Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a parlé de l’envoi de 800 hommes pour l’instant, qui s’ajouteraient aux 410 déjà présents, a-t-il déclaré, précisant que le rôle de la France sera d’appuyer les forces de la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) en termes militaires, logistique et d’assistance technique.

Tout cela va se faire vers la mi-décembre, après le vote d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, a estimé M. Tiangaye.

Interrogé, le Quai d’Orsay n’a pas confirmé. L’entretien entre MM. Fabius et Tiangaye a permis d’aborder la situation très préoccupante de la RCA et la nécessité d’y répondre par une forte mobilisation de la communauté internationale en appui de la force africaine (MISCA), à laquelle la France prendra toute sa part, a déclaré le porte-parole du ministère Romain Nadal.

Notre priorité, dans l’immédiat, est l’adoption prochaine d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité donnant un mandat à cette force. Les modalités précises de notre soutien à cette dernière feront l’objet d’une concertation avec nos partenaires et d’une communication ultérieure, a-t-il ajouté.

Jeudi, le président François Hollande avait évoqué une augmentation sensible du contingent français en Centrafrique où, avait-il dit, la situation est extrêmement grave, sans toutefois préciser l’ampleur du renfort envisagé ou un calendrier.

L’ONU, qui s’inquiète de voir la Centrafrique devenir le théâtre d’un génocide, a entamé lundi des discussions consacrées à la crise, après l’appel de son secrétaire général Ban Ki-moon à envoyer 6.000 Casques bleus, et ceux de Paris et de Washington pressant la communauté internationale d’intervenir sans délai.

Selon le Premier ministre centrafricain, la mise en place d’une force de maintien de la paix de l’ONU va prendre du temps. Dans l’immédiat, il faut un mandat sous le chapitre 7 de la charte [de l’ONU, qui autorise le recours à la force] permettant à la MISCA et à la France de rétablir la sécurité sur tout le territoire et assurer la protection des populations civiles, a-t-il estimé.

Il y a une insécurité généralisée, de graves crimes de guerre et crimes contre l’humanité sont commis en Centrafrique, a-t-il insisté, estimant que la France a les moyens, militaires, financiers et diplomatiques pour que son action soit efficace.

La Centrafrique est en proie aux violences depuis le renversement, le 24 mars, du régime de François Bozizé par Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka, devenu depuis président.

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