Irak: plusieurs attentats et au moins 40 morts lors des célébrations de l’Achoura

Des fidèles chiites prient pour commémorer l'Achoura à Kerbala, le 13 novembre 2013 en Irak (Ali Al-Saadi/AFP)
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Des fidèles chiites prient pour commémorer l'Achoura à Kerbala, le 13 novembre 2013 en Irak (Ali Al-Saadi/AFP)
Des fidèles chiites prient pour commémorer l’Achoura à Kerbala, le 13 novembre 2013 en Irak (Ali Al-Saadi/AFP)

En Irak ce jeudi 14 novembre, plusieurs attentats ont fait au moins 40 morts alors que des centaines de milliers de chiites célébraient l’Achoura, la plus importante cérémonie religieuse de la communauté musulmane chiite.

Un kamikaze vêtu d’un uniforme de policier s’est fait exploser en fin de matinée au milieu d’une foule de pèlerins constituée essentiellement de chiites kurdes dans le secteur à majorité chiite de Saadiyah, au nord de Bagdad.

Cette attaque a fait au moins 32 morts parmi les fidèles et en a blessé 80, selon un bilan de sources médicales et policières, rapporte l‘AFP.

Quelques heures plus tôt, neuf personnes ont péri dans deux attentats quasi-simultanés dans la localité de Hafriyah, au sud de Bagdad.

L’Achoura commémore le martyre de Hussein, petit-fils du prophète Mohamed assassiné au VIIe siècle. Selon la tradition, l’imam Hussein, tué avec nombre de ses compagnons lors de la bataille de Kerbala, a été décapité et son corps mutilé, ce que de nombreux fidèles chiites dans certains pays commémorent par des actes d’auto-flagellation allant parfois jusqu’au sang.

L’Achoura est souvent l’occasion pour les groupes sunnites liés à Al-Qaïda d’attaquer les chiites, majoritaires en Irak, que les sunnites considèrent comme des comme des infid`les et des hérétiques.

Hier, mercredi 13 novembre, 19 personnes ont péri dans des attentats à la bombe visant des policiers et des pèlerins.

Ces nouvelles attaques sont survenues alors que près de deux millions de pèlerins étaient rassemblés dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad, où de strictes mesures de sécurité ont été prises pour l’occasion.

Lors de sa visite à Washington, au début du mois, le Premier ministre irakien Nourial-Maliki, issu lui-même de la communauté chiite, avait plaidé pour que la communauté internationale mène une «troisième guerre mondiale» contre le «virus» Al-Qaïda en pleine résurgence dans son pays.

Le pays est endeuillé quasiment quotidiennement par des attentats et son niveau de violences est du jamais vu depuis 2008, quand il sortait d’un conflit confessionnel sanglant entre sunnites et chiites.

Les États-Unis pour leur part promis d’aider l’Irak à combattre Al-Qaïda notamment en lui fournissant des armements.

Lors du passage d’Al-Maliki à Washington, à quelques semaines du second anniversaire du retrait militaire américain d’Irak fin 2011, un haut responsable de l’administration Obama avait indiqué à la presse que les États-Unis voulait aider les Irakiens à lutter de manière précise et efficace contre le réseau Al-Qaïda, en particulier sa filiale l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) dans l’ouest du pays, près de la Syrie.

Alors que la guerre en Syrie voisine fait craindre un débordement transfrontalier en Irak, M. Maliki avait réaffirmé à Washington la neutralité de Bagdad à l’égard de ce conflit chez son voisin, qu’il accuse d’avoir ravivé les tensions religieuses en Irak.

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