La réponse de Fantino aux problèmes des vétérans blessés: la «discrimination positive»

Le syndrome de stress post-traumatique figure parmi les préoccupations des Canadiens (Photo: Cplc Marc-André Gaudreault, Caméra de combat des Forces canadiennes, © 2012 DND-MDN Canada)
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Le syndrome de stress post-traumatique figure parmi les préoccupations des Canadiens (Photo: Cplc Marc-André Gaudreault, Caméra de combat des Forces canadiennes, © 2012 DND-MDN Canada)
Le syndrome de stress post-traumatique figure parmi les préoccupations des Canadiens (Archives/ Cplc Marc-André Gaudreault, Caméra de combat des Forces canadiennes, © 2012 DND-MDN Canada)

La «discrimination positive» à l’embauche est la réponse du ministre des Anciens combattants aux problèmes des nombreux soldats blessés, alors que l’opposition accuse le gouvernement conservateur de les pousser vers la sortie, et que leur transition vers la vie civile pose de réels problèmes.

Lors d’une conférence de presse jeudi 7 novembre donnée lors du 5e souper hommage de la fondation La patrie gravée sur le cœur (True Patriot Love), Julian Fantino a annoncé que son gouvernement accordera la priorité d’embauche aux vétérans blessés.

Le ministre a annoncé de nouvelles mesures législatives visant à accorder aux vétérans des Forces armées canadiennes (FAC) libérés pour raisons médicales attribuables au service le droit de priorité d’embauche le plus élevé de la fonction publique.

La semaine dernière, le gouvernement Harper s’est retrouvé sous un feu nourri de critiques la semaine dernière à la Chambre des communes sur la question des militaires blessés poussés vers la sortie avant même d’être éligibles à une pension complète.

La période d’admissibilité requise pour les prestations de retraite est de 10 ans.

Attaquant de front les conservateurs, l’opposition a alors fait état de cas particulièrement éloquents de soldats blessés poussés vers la sortie.

Atteint du syndrome de stress post-traumatique, le caporal David Hawkins a été libéré de l’armée malgré sa demande de rester un an de plus afin de pouvoir recevoir une retraite pleinement indexée.

En juin dernier, le caporal Glen Kirkland qui a déclaré devant une commission parlementaire qu’il avait été poussé vers la sortie avant d’être prêt.

Sur la Tribune de 45eNord.ca, cette semaine, le porte-parole du Parti Libéral, Jim Karygiannis déclarait que se débarrasser des soldats blessés avant qu’ils ne soient éligibles à une pension complète alors ont accepté de servir leur pays est un véritable bris de la promesse faite aux soldats et, sur la même tribune, le porte-parole du Nouveau Parti Démocratique, Sylvain Chicoine, surenchérissait et qualifiait de honteuse l’exclusion des rangs des soldats blessés pour éviter de leur payer une pension complète.

Le ministre de la Défense, Rob Nicholson rétorquait que tout est mis en œuvre afin d’assurer que les militaires demeurent au sein des Forces armées et soulignait qu’un processus de transition était suivi par tous les soldats avant leur retour à la vie civile.

Mais, comme pour ajouter de l’huile sur le feu, l’Ombudsman de la Défense, Pierre Daigle, révélait quant à lui dans un rapport spécial que les unités d’appui pour les soldats malades ou blessés souffrent d’une pénurie de personnel «aiguë», laissant ceux qui sont chargés d’aider les anciens combattants de la guerre d’Afghanistan les plus gravement touchés surchargés de travail, souvent insuffisamment formés, en danger d’épuisement professionnel, et incapables de remplir leur mission.

«Les vétérans libérés pour raisons médicales ont beaucoup donné au Canada et ils possèdent les compétences, la formation et l’expérience nécessaires pour en faire des candidats idéaux aptes à renforcer la fonction publique du Canada», a affirme maintenant le ministre Fantino., ajoutant « Les militaires qui ne peuvent plus être déployés et qui sont incapables d’effectuer les tâches propres à leur poste comptent beaucoup sur un emploi valorisant afin de réussir leur transition à la vie civile.»

Pour sa part, le ministre de la Défense, Rob Nicholson, a déclaré accueillir «avec joie cet appui additionnel offert aux membres de la Force régulière et de la Réserve qui ont tant sacrifié au nom de notre pays».

Comment ça fonctionnera?

Lorsqu’un poste est annoncé dans la fonction publique, divers groupes y ont accès à des niveaux différents de priorité.

Au printemps 2014, lorsque les changements législatifs annoncés entreront en vigueur, explique le communiqué du ministre des Anciens combattants, les membres de la Force régulière et de la Force de réserve qui doivent être libérés pour raisons médicales attribuables au service auront un droit de priorité statutaire d’embauche dans la fonction publique pour une durée de cinq ans.

Cela leur donnera préséance sur toute autre priorité dans la fonction publique «en reconnaissance de leurs sacrifices et de leur service pour le Canada».

Les membres de la Force régulière et de la Force de réserve libérés pour raisons médicales non attribuables au service conserveront quant à eux leur niveau actuel de priorité dans la fonction publique. Cependant, mais ils conserveront désormais leur niveau pour une durée de cinq ans plutôt que deux.

Les vétérans concernés devront postuler et posséder les qualifications requises pour le poste convoité.

Ces changements s’appliqueront aux vétérans libérés pour raisons médicales qui ont un droit prioritaire d’embauche depuis le 1er avril 2012, précise aussi le communiqué.

La priorité d’embauche dans la fonction publique comme solution aux problèmes des soldats blessés dans un contexte de compression des effectifs dans la fonction publique fédérale, c’est à suivre…dans un prochain rapport de l’ombudsman de la Défense, peut-être!

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