Nigéria:Boko Haram et Ansaru désignés «Organisations terroristes» par Washington

Capture d'écran d'une vidéo du 25 septembre 2013 qui montrerait le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, au centre, entouré de partisans (Archives/AFP)
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Capture d'écran d'une vidéo du 25 septembre 2013 qui montrerait le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, au centre, entouré de partisans (Archives/AFP)
Capture d’écran d’une vidéo du 25 septembre 2013 qui montrerait le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, au centre, entouré de partisans (Archives/AFP)

Les États-Unis ont inscrit mercredi sur leur liste noire «terroriste» les groupes islamistes armés nigérians Boko Haram et Ansaru pour aider le Nigeria à combattre ces organisations accusées d’être liées à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

«Ces désignations sont la démonstration du soutien des États-Unis au combat du peuple nigérian contre Boko Haram et Ansaru», a déclaré le Département d’État par voie de communiqué, mais le département d’État américain, a aussi souligné que cette mesure devait s’accompagner, du côté d’Abuja, d’une stratégie plus large pour éradiquer l’extrémisme islamiste armé dans toute la région.

Les attaques de Boko Haram, qui prône un islam rigoriste et revendique la création d’un État islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman, ainsi que la répression des forces de l’ordre, ont fait plusieurs milliers de victimes depuis 2009.

La désignation des ces groupes comme «Organisation terroriste étrangère» (FTO, de l’anglais «Foreign terrorist organization») aura pour effet de geler leurs avoirs et d’interdire toute transaction entre ces organisations et les États-Unis.

Ces désignations interdisent dorénavant à quiconque de «de fournir sciemment, ou tenter de fournir ou comploter en vue de fournir un soutien matériel ou des ressources à Boko Haram et Ansaru» ou de se livrer à des opérations avec ces groupes.

«Ces désignations aideront aussi les États-Unis et d’autres partenaires dans l’application de la loi dans leurs efforts pour enquêter et poursuivre les personnes soupçonnées de terrorisme liés à Boko Haram et Ansaru», explique le communiqué du Départment d’État.

Boko Haram est tenu par Washington comme «responsable de milliers de morts dans le nord-est et le centre du Nigeria ces dernières années». Quant à Ansaru, une qui a fait sécession en 2013, elle a «enlevé et tué plusieurs travailleurs étrangers dans le secteur de la construction», dit encore le Département d’État américain.

Bien que Boko Haram et Ansaru soient «des organisations terroristes centrées sur le Nigeria», elles sont aussi soupçonnées d’entretenir «des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)», avec lequel les groupes nigérians collaborent, comme ce fut le cas dans l’enlèvement en février, à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria, de la famille française Moulin-Fournier, libérée par la suite en avril.

Alors que Washington a souvent critiqué Abuja pour des violations des droits de l’homme dans sa lutte contre Boko Haram, le communiqué qui annonce ces désignations rappelle la politique des États-Unis en matière de lutte au terrorisme au Nigéria.

«Ces désignations représentent un pas important, mais ne sont qu’un outil dans le cadre de l’approche globale du gouvernement nigérian pour combattre ces groupes, laquelle passe aussi par l’application de la loi, par des actions politiques et en matière de développement, ainsi que par un engagement militaire pour aider à extirper l’extrémisme violent tout en répondant aux préoccupations légitimes de la population du nord du Nigeria.», précise le Département d’État, qui «insiste sur l’importance de protéger les civils et faire en sorte que les droits humains sooent respectés.»

Par ailleurs, l’ONU a annoncé ce mercredi que plus de 37.000 personnes fuyant les affrontements en cours depuis mai entre armée et islamistes dans le nord du pays avaient trouvé refuge dans le sud-est du Niger.

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