Nucléaire iranien: traumatisé, Israël déclare ne pas être lié par l’accord intérimaire

13
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors du Conseil des ministres, le 24 novembre 2013 à Jérusalem (Abir Sultan/AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors du Conseil des ministres, le 24 novembre 2013 à Jérusalem (Abir Sultan/AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors du Conseil des ministres, le 24 novembre 2013 à Jérusalem (Abir Sultan/AFP)

«Ce qui a été conclu à Genève n’est pas un accord historique, mais une erreur historique», a déclaré Benyamin Netanyahu à l’ouverture du conseil des ministres hebdomadaire, rapporte la presse israélienne et internationale.

Israël ne se sent pas lié par cet accord, se réserve le droit de se défendre et a de nouveau agité la menace d’une opération militaire contre l’Iran, à laquelle la plupart des commentateurs ne croient néanmoins pas dans l’immédiat, selon les médias.

«Le monde est devenu plus dangereux, car le régime le plus dangereux au monde a fait un pas significatif vers l’acquisition de l’arme la plus dangereuse au monde», a lancé le premier ministre israélien, prenant le contre-pied du secrétaire d’État américain John Kerry qui a affirmé à Genève dimanche que «l’accord rendra le monde plus sûr […] et Israël plus sûr, nos partenaires dans la région plus sûrs».

«Israël n’est pas lié par cet accord», a prévenu Netanyahu, affirmant que le «régime iranien s’était engagé à détruire Israël».

«Israël a le droit et le devoir de se défendre face à toute menace et je proclame au nom du gouvernement qu’Israël ne laissera pas l’Iran se doter de capacités militaires nucléaires», a-t-il déclaré.

Selon le premier ministre israélien, les «sanctions ont été levées en échange de concessions cosmétiques de la part de l’Iran».

Israël, l’unique puissance nucléaire de la région, présente le programme nucléaire iranien comme une menace pour son existence, se référant aux déclarations répétées des dirigeants de la République islamique souhaitant ou prédisant sa disparition.

«Cet accord est la plus grande victoire diplomatique de l’Iran depuis l’avènement de la révolution [islamique], et il en résultera une course aux armements», a déploré pour sa part le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, affirmant que désormais «toutes les options étaient sur la table».

Toutefois, le président Shimon Peres, un modéré, a demandé quant à lui à juger sur pièces. «Le succès ou l’échec de cet accord sera jugé sur les résultats et non sur les mots», a-t-il déclaré.

En outre, plusieurs ministres et anciens responsables des services de sécurité ont appelé à se rapprocher des Etats-Unis pour peser sur le prochain accord plutôt que de continuer à se chamailler avec eux.

«C’était un choix entre la peste et le choléra», a résumé à son tour le ministre des Finances Yaïr Lapid à la radio militaire, jugeant désormais « nécessaire de s’assurer qu’il s’agit d’une phase intérimaire et que l’accord final sera meilleur ».

La ministre de la Justice Tzipi Livni a conseiller elle aussi de «regarder vers l’avenir: Israël doit agir en étroite coopération avec les États-Unis, pour renforcer cette alliance stratégique, et créer un front politique avec d’autres pays, comme les pays arabes, qui considèrent un Iran nucléarisé comme une menace».

Un ancien patron du Mossad (service de renseignements), Ephraïm Halévy, a souligné de son côté qu’il était «naïf de penser que l’on pouvait contraindre l’Iran à démanteler toutes ses centrifugeuses ». « De plus, l’accord de Genève prévoit un contrôle sans précédent des installations nucléaires iraniennes».

L’ex-chef du renseignement militaire, le général de réserve Amos Yadlin, a ajouté pour sa part que si aucun accord n’avait été signé, «l’Iran aurait continué à développer son programme nucléaire», prônant à son tout une «coordination avec les États-Unis».

*Avec AFP


«Ce qui a été conclu à Genève n’est pas un accord historique, mais une erreur historique», a déclaré le premier ministre israélien (Vidéo: Israeli PM)

À lire aussi:

Enfin un accord intérimaire avec l’Iran: Obama salue une première étape importante >>