Pénurie aiguë de personnel pour le soutien aux soldats malades ou blessés de retour d’Afghanistan

Le syndrome de stress post-traumatique figure parmi les préoccupations des Canadiens (Photo: Cplc Marc-André Gaudreault, Caméra de combat des Forces canadiennes, © 2012 DND-MDN Canada)
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Le syndrome de stress post-traumatique figure parmi les préoccupations des Canadiens (Photo: Cplc Marc-André Gaudreault, Caméra de combat des Forces canadiennes, © 2012 DND-MDN Canada)
Le syndrome de stress post-traumatique figure parmi les préoccupations des Canadiens (Archives/Cplc Marc-André Gaudreault, Caméra de combat des Forces canadiennes, © 2012 DND-MDN Canada)

Les unités d’appui pour les soldats malades ou blessés souffrent d’une pénurie de personnel «aiguë», laissant ceux qui sont chargés d’aider les anciens combattants de la guerre d’Afghanistan les plus gravement touchés surchargés de travail, souvent insuffisamment formés et en danger d’épuisement professionnel, selon un nouveau rapport publié l’ombudsman de la Défense nationale.

L’ombudsman de la Défense, Pierre Daigle (capture d’écran/CBC/45eNord.ca)

En août 2013, à la suite de préoccupations soulevées dans une plainte déposée au Bureau de l’ombudsman de la Défense nationale et de plusieurs articles très médiatisés parus cet été, l’ombudsman, Pierre Daigle, avait décidé de procéder à une évaluation des problèmes potentiels concernant le nombre adéquat de membres du personnel de l’Unité interarmées de soutien du personnel et des services qu’elle offre aux membres des Forces canadiennes malades ou blessés.

L’«Unité interarmées de soutien du personnel» (UISP, qui a maintenant cinq ans, chapeaute 24 centres de soutien intégré du personnel à travers le Canada , tous créés à l’origine pour offrir des programmes pour soutenir et permettre aux soldats mentalement ou physiquement blessés de reprendre leur carrière militaire ou , plus probablement, d’effectuer transition vers la vie civile avec des compétences utiles dans la vie civile et des perspectives d’emploi.

Les effectifs de l’UISP ont commencé à baisser après que fut édictée une nouvelle règle du gouvernement fédéral interdisant au personnel des Forces armées à la retraite de travailler en tant que réservistes tout en touchant leur pension.

Auparavant, une grande partie du personnel de l’UISP était faite des réservistes qui avaient la formation et les compétences requises pour ce travail, mais une fois cette nouvelle règle en vigueur, plusieurs ont quitté l’UISP pour travailler dans le secteur privé ou ont simplement pris leur retraite.

Les quatre principales recommandations du rapport de l’ ombudsman, Pierre Daigle, adressé au Major général David Millar, Chef du personnel militaire sont les suivantes:

1. Une augmentation du personnel
2. Une meilleure formation pour tout le personnel
3. Une formation «résilience» pour le personnel
4. La préparation en fonction des « tendances émergentes» – comme l’augmentation attendue des soldats blessés mentalement et ayant besoin d’aide.

«Il est essentiel de doter l’UISP du nombre approprié d’employés, de veiller à ce que ces personnes possèdent l’expérience et les compétences nécessaires et de les soutenir avec une formation appropriée », dit le rapport de l’ombudsman.

«Les problèmes cernés dans cet examen préliminaire», dit Pierre Daigle, «font écho à ceux signalés au Bureau de l’Ombudsman lors des diverses activités de sensibilisation ainsi que pendant les récentes enquêtes systémiques».

Devant la pénurie de personnel, la règle a toutefois été partiellement modifiée et l’UISP pourra au moins embaucher 42 réservistes pour des positions clés dans des endroits la situation est la plus critique. Grâce à cette mesure temporaire, ces 42 réservistes seront recrutés sur contrat et auront le droit de continuer à percevoir leur pension.

Par la suite, 100 des 180 postes de réservistes à l’UISP devraient être progressivement remplacés par des membres de la force régulière.

Cela suffira-t-il?

L’ombudsman précise qu’il ne pas encore l’intention de lancer une enquête approfondie sur l’UISP, mais que son bureau «continuera à suivre de près et d’évaluer les efforts déployés pour répondre aux préoccupations soulevées».

Ce rapport arrive au moment où le gouvernement Harper se retrouve sous un feu nourri de critiques parce que des militaires blessés seraient poussés vers la sortie avant même d’être éligibles à une pension, sans avoir reçu les services adéquats pour réussir leur réhabilitation.

Le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, a insisté pour dire que les soldats blessés n’étaient pas sommairement libérés des Forces armées canadiennes, et a souligné qu’un processus de transition était suivi par tous les soldats avant leur retour à la vie civile, mais plusieurs soldats blessés disent avoir été poussés vers la sortie avant d’être prêts.

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