Centrafrique: deux soldats français tués dans les rues de Bangui

Le soldat de 1re classe le soldat de 1re classe Nicolas VOKAER et son camarade Antoine LE QUINIO
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Le soldat de 1re classe le soldat de 1re classe Nicolas VOKAER et son camarade Antoine LE QUINIO
Le soldat de 1re classe le soldat de 1re classe Nicolas VOKAER et son camarade Antoine LE QUINIO

Dans la nuit de lundi à mardi, deux soldats français ont perdu la vie à la suite d’échanges de tirs survenus dans les rues de Bangui. Il s’agit des deux premières victimes côté français depuis le lancement de l’opération Sangaris, jeudi dernier, en Centrafrique.

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Mise à jour du 10 décembre 2013, à 09h00:

Les deux soldats français morts en République Centrafricaine sont: le soldat de 1re classe Antoine Le Quinio, et le soldat de 1re classe Nicolas Vokaer. 

Le lundi 9 décembre 2013, peu avant minuit, une section de la force SANGARIS est prise à partie à très courte distance, au cours d’une patrouille dans Bangui. Durant l’échange de tirs, les parachutistes Le Quinio et Vokaer ont été grièvement blessés. Ils ont été immédiatement pris en charge par leurs camarades, avant d’être évacués vers l’antenne chirurgicale avancée sur l’aéroport de M’Poko, où ils sont décédés des suites de leurs blessures.

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À Bangui, la tension reste palpable. Vraisemblablement au cours d’une patrouille, deux militaires français ont été victimes d’échanges de tirs dans la nuit de lundi à mardi. Ces deux soldats appartenaient au 8ème régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres.

Quelques heures plus tard, la présidence de la République française a confirmé le décès de deux de ses militaires. «Ils ont perdu la vie pour en sauver beaucoup d’autres», a confié l’Elysée dans un communiqué.

«Le président de la République (François Hollande, ndlr) a appris avec une profonde tristesse la mort au combat» de ces deux soldats, et il adresse «avec émotion ses sincères condoléances à leur famille et à leurs proches et les assure de la solidarité de la nation dans ces douloureuses circonstances», poursuit le communiqué.

Pas question pour autant de lâcher prise dans l’intervention entreprise en Centrafrique depuis cinq jours. «Le chef de l’État exprime son profond respect pour le sacrifice de ces deux soldats et il renouvelle sa pleine confiance aux forces françaises engagées, aux côtés des forces africaines, pour rétablir la sécurité en République centrafricaine, protéger les populations et garantir l’accès de l’aide humanitaire.»

Le président français à Bangui, mardi soir

François Hollande se rendra en Centrafrique dès mardi soir. Actuellement présent à Johannesburg pour la cérémonie en hommage à Nelson Mandela, le président français fera une escale surprise du côté de Bangui, ville actuellement meurtrie par les récents affrontements et exactions.

Selon plusieurs sources françaises, la tension est encore importante dans les rues de la capitale mais également aux abords de l’aéroport M’Poko. Véritable point clef de la ville, cette nouvelle base militaire regroupe les troupes françaises et les contingents africains de la FOMAC, la force africaine présente dans le pays. Mais plus de 10 000 habitants se sont également réfugiés aux abords de cet aéroport afin de fuir les exactions des rebelles de l’ex-Séléka.

Seul lien entre la Centrafrique et le reste du monde, cet aéroport est également la porte d’entrée de la capitale, Bangui. Derrière celui-ci, se profile le quartier Combattants, lieu des plus violents combats entre l’armée française et l’ex-Séléka mais aussi de pillages et de lynchages contre les musulmans.

L’armée française, entre désarmement et représailles

Car les violences interconfessionnelles minent actuellement la situation dans la ville. Si les musulmans de l’ex-Séléka sont pointés du doigt pour avoir semé la terreur ces derniers jours, les représailles font craindre une nouvelle vague de violences.

D’autant plus que l’armée française a débuté, lundi, le désarmement des groupes rebelles présents dans Bangui. Une opération délicate et peu évidente. Un bref échange de tirs avait déjà éclaté en fin de matinée lundi près de l’aéroport M’Poko.

Dimanche, le ministère de la Défense avait fait état d’une «tension» palpable entre soldats français et certains groupes armés dans les rues de la capitale centrafricaine. Preuve que le calme reste extrêmement précaire dans le pays.


Centrafrique: deux soldats français tués à Bangui – 10 décembre 2013 (Vidéo: BFM TV)

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