Corée du Sud et Chine en colère après la visite de Shinzo Abe au sanctuaire de Yasukuni

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe arrive au sanctuaire Yasukuni, le 26 décembre 2013 à Tokyo (Toru Yamanaka/AFP)
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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe arrive au sanctuaire Yasukuni, le 26 décembre 2013 à Tokyo (Toru Yamanaka/AFP)
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe arrive au sanctuaire Yasukuni, le 26 décembre 2013 à Tokyo (Toru Yamanaka/AFP)

Un an jour pour jour après son retour au pouvoir, le Premier ministre japonais Shinzo Abe s’est rendu dans le sanctuaire de Yasukuni, ce qui n’a pas manqué de provoqué l’ire de ses voisins chinois et sud-coréens.

M. Abe, un conservateur aux convictions nationalistes, avait adressé plusieurs offrandes rituelles au sanctuaire, où il avait déjà effectué plusieurs visites avant son mandat, mais il s’était gardé de se rendre en personne sur ce site controversé où figurent les noms de plusieurs soldats japonais condamnés pour crime de guerre.

Le sanctuaire de Yasukuni honore quelques 2,5 millions de militaires morts pour le Japon. Il est cependant très mal perçu par les autres pays depuis l’inscription en 1978 des noms de 14 criminels de guerre, condamnés après 1945 par les Alliés. On peut notamment retrouvé celui du général Hideki Tojo, qui fut le Premier ministre du Japon lors de l’attaque sur Pearl Harbor.

Jeudi, la télévision japonaise a diffusé en direct les images de Shinzo Abe arrivant au sanctuaire, vêtu d’un costume à queue de pie. Il a passé une dizaine de minutes dans le sanctuaire, où deux bouquets de fleurs blanches portant son nom et son titre ont été déposées.

A sa sortie, M. Abe a déclaré: «Il y a des critiques qui proviennent de l’idée erronée qu’il s’agit d’un hommage à des criminels de guerre, mais j’ai visité le sanctuaire de Yasukuni pour témoigner, aux âmes des soldats morts au combat, des progrès réalisés cette année et pour leur dire ma détermination à ce que personne ne souffre plus jamais des horreurs de la guerre […] Je n’avais aucune intention de blesser les peuples chinois ou coréen […] J’espère avoir l’occasion d’expliquer à la Chine et à la Corée du Sud que le renforcement de nos relations est dans l’intérêt de nos pays.»


(Vidéo: Euronews)

La Chine et la Corée du Sud ont justement fait part de leur vif mécontentement. Rappelons que ces deux pays ont été marqués par les atrocités commises par les troupes nippones lors de la colonisation de la péninsule coréenne (1910-1945) et l’occupation partielle de la Chine (1931-1945).

La Chine a immédiatement exprimé «sa vive colère à l’égard des dirigeants japonais pour leur mépris affiché envers les sentiments du peuple chinois», a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang. «L’essence des visites des responsables japonais au sanctuaire Yasukuni est de magnifier l’histoire de l’agression militariste et de la domination coloniale du Japon […] Nous appelons le Japon à prendre des mesures pour corriger ses erreurs […] et gagner la confiance de ses voisins asiatiques et de la communauté internationale», conclu le porte-parole.

La Corée du Sud, par l’intermédiaire de son ministre de la Culture, Yoo Jin-Ryong, a pour sa part exprimé la «colère» de son pays à propos de ce «geste anachronique […] malgré les inquiétudes et mises en garde de ses voisins».

Même son fidèle allié américain a manifesté sa désapprobation: «Les États-Unis sont déçus que les dirigeants japonais aient mené une action qui va exacerber les tensions avec les voisins du Japon», a dit l’ambassade des États-Unis au Japon.

«Les Etats-Unis sont déçus que le gouvernement du Japon ait pris cette initiative qui va exacerber les tensions», a souligné l’ambassade américaine à Tokyo.