Égypte: 450 Frères musulmans détenus ont entamé une grève de la faim

Le chef suprème des Frères musulmans, en fuite, Mohamed Badie, a été arrêté dans la nuit de lundi à mardi au Caire (Photo: capture d'écran, télévision égyptienne/45eNord.ca)
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Le chef suprème des Frères musulmans, en fuite, Mohamed Badie, a été arrêté dans la nuit de lundi à mardi au Caire (Photo: capture d'écran, télévision égyptienne/45eNord.ca)
Le chef suprème des Frères musulmans, en fuite, Mohamed Badie, arrêté en août dernier au Caire (Photo: capture d’écran, télévision égyptienne/45eNord.ca)

Les Frères musulmans égyptiens ont annoncé lundi que plus de 450 de leurs membres emprisonnés avaient entamé une grève de la faim pour dénoncer leur détention, dont plusieurs proches du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée début juillet.

Plus de 450 Frères musulmans prisonniers politiques et proches de M. Morsi ont entamé une grève de la faim pour dénoncer le traitement inhumain (qu’ils subissent) en prison, a annoncé la Confrérie sur son compte Twitter.

Quelques heures plutôt, les Frères musulmans avaient retweeté sur leur compte un message de Mosa’ab Elshamy, qui disait que son frère emprisonné, Abdallah, et plusieurs autres prisonniers avaient commencé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Dans un autre message, retweeté lui aussi par la Confrérie, Mosa’ab Elshamy affirmait que son frère, «privé de soleil et d’air frais», n’avait pu sortir de sa cellule qu’une fois en sept jours, et encore, pour une période de trente minutes seulement.

Parmi les grévistes de la faim,  disent les Frères musulmans sur leur compte Twitter, on retrouve plusieurs figures dominantes de la Confrérie islamiste, dont Khairat al-Chater, adjoint du Guide suprême de la confrérie, Mohamed Badie, et «argentier» du mouvement islamiste, Essam el-Erian, un dirigeant de la confrérie, Mohamed Beltagi, un ancien parlementaire, Oussama Yassine, ancien ministre de la Jeunesse, ainsi que plusieurs conseillers présidentiels du président islamiste déchu, Mohamed Morsi, comme Essam al-Haddad, Ayman Ali et Ahmed Abdelaty.

Il semble aussi, selon le quotidien progouvernemental égyption Al Arham, que le journaliste d’Al Jazzera, Abdullah Al-Shami, arrêté le 14 août dernier lors du démantèlement des camps de manifestants pro-morsi par l’armée au Caire, soit du nombre des gréviste de la faim.

L’armée égyptienne avait destitué le président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet dernier suite à des manifestations massives qui reprochaient au président islamiste de ne pas avoir su gérer le pays, de n’avoir servi que les intérêts de sa confrérie et d’islamiser de force le pays.

EWlle avait aussi mis un terme aux activités d’Al Jazzera, accusé de faire une couverture biaisée des événements en Égypte.

Depuis, les chefs d’accusation se multiplient contre membres et dirigeants des Frères musulmans, mouvement jadis extrêmement influent et bien organisé, avait remporté toutes les élections organisées depuis la révolte populaire ayant chassé Hosni Moubarak du pouvoir en février 2011.

Aujourd’hui, à l’instar de Mohamed Morsi, la quasi-totalité de la direction de la confrérie fondée il y a 85 ans se trouve actuellement derrière les barreaux, la plupart dans la prison de Tora au Caire, et fait l’objet de poursuites, en particulier pour la mort de manifestants anti-Morsi.

De nombreux Frères musulmans prisonniers politiques ont été interdits de visites familiales, d’assistance juridique, de soins médicaux et vivent dans des cellules surpeuplées et insalubres, affirme la confrérie islamiste sur son compte Twitter.

Mohamed Morsi, pour sa part, est incarcéré à Alexandrie, deuxième ville du pays sur la côte méditerranéenne.

L’ex président est jugé dans trois affaires: son évasion de prison lors de la révolte de 2011, la mort de manifestants et des accusations d’espionnage au profit d’organisations étrangères en vue de commettre des actes terroristes.