Feu vert du Conseil de sécurité à l’intervention française en Centrafrique

Le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Gérard Araud, est le Président du Conseil de sécurité pour le mois d'août 2012 (Devra Berkowitz/ONU)
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Le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Gérard Araud, est le Président du Conseil de sécurité pour le mois d'août 2012 (Devra Berkowitz/ONU)
Le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Gérard Araud, est le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’août 2012 (Devra Berkowitz/ONU)

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, le Français Gérard Araud, a confirmé l’adoption, jeudi 5 décembre, d’une résolution pour apporter un soutien immédiat à la force africaine, la MISCA, en République centrafricaine aujourd’hui en risque d’implosion.

La France avait annoncé la semaine dernière qu’elle interviendrait en Centrafrique avec un millier de soldats et qu’elle allait soumettre un projet de résolution à l’ONU proposant à terme l’envoi de Casques bleus dans ce pays en proie au chaos.

Lundi soir. elle a donc soumis à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution visant à renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) déjà présente, avec la perspective de la transformer en force de l’ONU de maintien de la paix.

Invoquant une situation «dont nous avons à maintes reprises souligné la gravité», M. Araud a expliqué que l’adoption d’une résolution sur la RCA doterait la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) d’un mandat de protection des civils et de stabilisation du pays, créerait un fonds fiduciaire pour financer les activités de la Mission, appuierait le déploiement d’une force française et instaurerait une commission chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme commises dans le pays.

Alors que se dégrade la situation humanitaire et sécuritaire et que la crise ne cesse de s’aggraver en RCA, les signalements de violations graves des droits de l’homme s’y multiplient, notamment de violences interconfessionnelles.

Les observateurs s’accordent à dire que la Centrafrique se trouvent dans une situation «prégénocidaire».

Hier, rapporte le service d’information de l’ONU, le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA) a déploré des tueries perpétrées par des groupes armés à 100 kilomètres de la capitale Bangui, au cours desquelles au moins 12 personnes ont été tuées et 30 autres blessés, notamment des enfants.

Des incidents qui portent, dit l’ONU, «la marque de la violence aveugle et de la stigmatisation communautaire».

Le Président du Conseil a ajouté que la résolution adoptée jeudi ouvrirait la possibilité de transformer la MISCA en une opération de maintien de la paix. «Cette transformation s’effectuerait sur la base de l’examen d’un rapport du Secrétaire général sur l’évaluation de la situation, qui serait remis dans trois mois», a-t-il précisé.

Selon lui, Le Conseil est parvenu à un texte équilibré qui vise à la fois à poser les bases juridiques d’une transformation de la MISCA en opération de maintien de la paix , mais ne signifie pas une transformation automatique.

Venu présenter le programme de travail mensuel du Conseil, Gérard Araud a également annoncé que la Syrie figuererait en bonne place dans les discussions de ce mois de décembre.

En outre, le représentant français et Président du Conseil de écurité pour le mois de décembre a également annoncé la tenue d’une réunion, le 12 décembre, sur la paix et la sécurité en Afrique, au cours de laquelle le Secrétaire général Ban Ki-moon fera un exposé récapitulatif sur sa récente visite au Sahel,

Une semaine plus tard est aussi prévue Une autre réunion sur cette même région est aussi prévue une autre réunion qui aura pour thème le trafic de stupéfiants au Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Le Secrétaire général et le Directeur de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) prendront la parole sur un phénomène que l’Ambassadeur français a qualifié «d’entrave croissante et de menace continue pour la gouvernance et la sécurité régionales».


Conférence de presse de Gérard Araud le 4 décembre 2013 (Ministère français des Affaires étrangères)

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