La France écarte la thèse de l’empoisonnement: Arafat, vieux, serait mort d’une infection

De jeunes Palestiniens portent des portraits de Yasser Arafat, lors d'un défilé à Hébron, en Cisjordanie, le 11 novembre 2013 (Hazem Bader/AFP)
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De jeunes Palestiniens portent des portraits de Yasser Arafat, lors d'un défilé à Hébron, en Cisjordanie, le 11 novembre 2013 (Hazem Bader/AFP)
De jeunes Palestiniens portent des portraits de Yasser Arafat, lors d’un défilé à Hébron, en Cisjordanie, le 11 novembre 2013 (Hazem Bader/AFP)

Les experts mandatés par la justice française écartent la thèse d’un empoisonnement de Yasser Arafat et, selon une source proche du dossier, privilégient une mort naturelle du leader palestinien, relançant la polémique autour de ce dossier ultra sensible, rapporte aujourd’hui la radio de France-Inter.

Selon France-Inter, les experts concluent que Yasser Arafat est mort «de vieillesse à la suite d’une infection généralisée».

Souha Arafat devait s’exprimer en début de soirée à Paris aux côtés de ses avocats. La veuve du leader palestinien avait déposé en juillet 2012 une plainte contre X pour assassinat à Nanterre (Hauts-de-Seine), après la découverte de polonium, une substance radioactive, sur des effets personnels de son mari. Ce produit lui aurait été, selon elle, administré par un membre de son entourage.

Les juges d’instruction chargés de ce dossier avaient alors ordonné l’exhumation de la dépouille du dirigeant, ce qui fut fait en novembre 2012.

Une soixantaine d’échantillons avaient été répartis pour analyse entre trois équipes d’enquêteurs, suisses, français et russes, chacune effectuant son travail individuellement, sans contact avec les autres.

Les trois groupes d’experts semblent parvenir aujourd’hui à des conclusions, sinon opposées, du moins divergentes.

Début novembre, les Suisses privilégiaient la thèse de l’empoisonnement après avoir mesuré des quantités de polonium-210 jusqu’à 20 fois supérieures à ce qu’ils ont l’habitude de mesurer, précisant toutefois ne pouvoir affirmer catgoriquement que c’était la cause du décès du leader palestinieun.

L’expertise russe, quant à elle était encore plus prudente, concluant à l’impossibilité de déterminer si le polonium était ou non la cause de la mort.

Après la divulgation de ces deux rapports, le président palestinien, Mahmoud Abbas, avait demandé la formation d’une commission d’enquête internationale.

«Israël est le premier, le principal et unique suspect», avait alors affirmé le président de la commission d’enquête officielle palestinienne sur la mort d’Arafat, Tawfiq Tiraoui.

Le neveu d’Arafat, Nasser al-Qidwa, qui préside la Fondation Yasser Arafat, s’est montré quant à lui sceptique face aux conclusions des experts français: «Je n’ai pas vu ce rapport. Mais toute information nouvelle sur la mort d’Arafat, en particulier venant de France, devrait être cohérente avec le rapport de l’hôpital en 2004», a-t-il déclaré à la presse.

Un responsable palestinien proche du dossier s’est également interrogé sous le couvert de l’anonymat, rapporte l’AFP: «S’ils disent dans ce rapport qu’Arafat est mort de causes naturelles, pourquoi ne l’ont-ils pas dit dès 2004?».

Pour sa part, Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien, Yigal Palmor, a déclaré à l’agence française à propos de l’expertise française que ces résultats «n’étaient pas une surprise».

Il avait d’ailleurs déjà démenti début novembre «des accusations sans fondement et sans la moindre preuve». »Israël n’a pas tué Arafat, point final», avait-il alors déclaré.

Yasser Arafat est mort à 75 ans le 11 novembre 2004. Il avait été admis fin octobre 2004 à l’hôpital Percy, près de Paris, après avoir souffert de douleurs abdominales sans fièvre dans son QG de Ramallah où il vivait confiné depuis décembre 2001, encerclé par l’armée israélienne. Sa veuve Souha n’avait pas demandé d’autopsie.

La publication d’un rapport d’hospitalisation français, datant du 14 novembre 2004, faisait état d’une inflammation intestinale d’«allure infectieuse» et de troubles de la coagulation «sévères», mais n’élucidait pas les causes de la mort et le mystère était resté entier jusqu’à maintenant.

*Avec AFP

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