L’Armée canadienne aura-t-elle ses véhicules de combat rapproché pour Noël?

Le piranha 5, de Rheinmetall Canada (Photo: Archives/Rheinmetall)
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Un VBL Bison affecté au médical, patrouille à Lennoxville (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Un VBL Bison lors d’un exercice médical, à Lennoxville, en 2012 (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Après plusieurs années d’attente, le gouvernement Harper demeure encore silencieux sur l’avenir du, très attendu et controversé, programme de véhicules de combat rapproché de deux milliards $.

Lors d’une rencontre avec des journalistes vendredi la ministre fédérale des Travaux publics, Diane Finley, n’a pas voulu s’avancer sur ce qui pourrait advenir du projet d’achat de 108 véhicules de combat rapproché (VCR), destinés à accompagner sur les champs de bataille les chars d’assaut Leopard 2 A6 et A4.

Les soumissions des constructeurs Nexter, BAE Systems et General Dynamics Land Systems viennent à échéance le 23 décembre, ce qui pourrait éliminer le programme… pour la deuxième fois.

En 2012, Travaux Publics et Services Gouvernementaux Canada avait annulé puis relancé le programme d’achat de 1.500 camions pour l’Armée canadienne.

Si cet autre contrat d’approvisionnement militaire devait passer «à la trappe», cela représenterait une nouvelle tache politique pour le Premier ministre Harper, qui a décidément bien du mal avec sa liste d’achats d’équipement militaire.

Avec les coupures budgétaires auxquelles fait face la Défense nationale, le doute plane sur le sort du programme de véhicules de combat rapproché. L’Armée s’inquiète de ne pas avoir assez de fonds pour s’occuper de toute la formation, l’exploitation et la maintenance de ces futurs véhicules.

De plus, l’Armée dit craindre d’être obligé de devoir construire de nouveaux bâtiments pour abriter les véhicules spécialisés de 36 tonnes.

Contrairement aux autres véhicules de la famille de véhicules de combat terrestre, le VCR ne remplace aucun véhicule du parc actuel des Forces armées canadiennes.

La raison d’être fondamentale du VCR est de combler le vide entre le parc actuel de véhicules blindés légers (5-25 tonnes) et le parc actuel de véhicules blindés lourds (45 tonnes et +) en fournissant à l’Armée canadienne une capacité opérationnelle qui peut fonctionner de façon prédominante avec les chars de combat principaux et les autres véhicules blindés des Forces canadiennes dans un environnement à hauts risques.

Dans le cas où ce programme devait tomber à l’eau et être abandonné, l’industrie de la défense risque fort bien d’être en colère. Chaque compagnie ayant participé au processus de sélection a dû débourser plusieurs millions de dollars. Les compagnies ont ainsi dû fournir des véhicules à des fins de tests, les soumettant notamment à des explosions et autres mesures extrêmes afin de déterminer s’ils répondaient aux exigences de la Défense.

En juillet 2009, le gouvernement prévoyait octroyer le contrat «d’ici l’été de 2011 et la capacité opérationnelle initiale (COI) devrait être déclarée l’année suivante, soit en juillet 2012. On prévoit que le VCR atteindra la capacité opérationnelle totale d’ici juillet 2015.»