Liban: le Hezbollah annonce l’assassinat de l’un de ses chefs militaires devant chez lui

Photo non datée fournie par le Hezbollah d'un de ses leaders, Hassan Hawlo al-Lakiss, assassiné devant chez lui le 4 décembre 2013 à Beyrouth
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Photo non datée fournie par le Hezbollah d'un de ses leaders, Hassan Hawlo al-Lakiss, assassiné devant chez lui le 4 décembre 2013 à Beyrouth
Photo non datée fournie par le Hezbollah d’un de ses leaders, Hassan Hawlo al-Lakiss, assassiné devant chez lui le 4 décembre 2013 à Beyrouth

Dans la nuit de mardi à mercredi, l’un des chefs militaires du Hezbollah, Hassan Hawlo al-Lakiss, a été assassiné devant son domicile, à l’est de Beyrouth. Le parti chiite libanais a d’ores et déjà accusé l’ennemi israélien d’être responsable de cet attentat, pourtant revendiqué par un groupe sunnite.

« La Résistance islamique annonce la mort de l’un de ses leaders, le martyr Hassan Hawlo al-Lakiss, qui a été assassiné près de sa maison dans la région de Hadath », à l’est de Beyrouth, a annoncé le Hezbollah dans un communiqué, ensuite repris par sa chaîne de télévision Al Manar.

D’après Georges Malbrunot, spécialiste du Moyen-Orient pour le quotidien français Le Figaro, citant une source proche du Hezbollah, Hassan al-Lakiss était un chef militaire chiite qui combattait en Syrie aux côtés de forces de Bachar el-Assad contre les rebelles sunnites. Avant cela, il avait été très actif dans la résistance contre l’armée israélienne qui a occupé le sud-Liban jusqu’en mai 2000. Il doit être inhumé, ce mercredi, à Baalbek, dans la plaine de la Békaa.

Alors qu’il se trouvait dans sa voiture, mardi soir, Hassan al-Lakiss a été tué d’une balle dans la tête. Plusieurs hommes armés auraient perpétré cette attaque. Une attaque revendiquée sur Twitter, peu de temps après, par un groupe vraisemblablement sunnite, nommé Brigade Ahrar al Sunna Baalbek, jusque-là inconnu.

Pour autant, le Hezbollah n’a pas tardé à pointer du doigt son voisin israélien. « L’accusation directe est dirigée naturellement contre l’ennemi israélien qui a tenté d’éliminer notre frère martyr à plusieurs reprises et dans plusieurs endroits, mais ses tentatives avaient échoué jusqu’à celle d’hier soir », peut-on lire dans le communiqué.

« Cet ennemi doit assumer l’entière responsabilité et toutes les conséquences de ce crime ignoble », poursuit-il. Une accusation loin d’être du goût des autorités israéliennes. L’Etat hébreu a rapidement démenti toute implication dans cet assassinat.

L’Arabie Saoudite et Israël dans le viseur du Hezbollah

« Cela n’a strictement rien à voir avec Israël », a affirmé Yigal Palmor, porte-parole de la diplomatie israélienne. Il a également ajouté que « le Hezbollah s’est déjà fourvoyé par le passé avec de telles accusations automatiques et sans fondement contre Israël […] S’ils cherchent des explications à ce qui leur arrive, qu’ils réfléchissent à leurs propres actes. » Une mise en garde qui s’inscrit au cœur des tensions déjà vives au Moyen-Orient.

Ce mardi, le chef du Hezbollah, le scheik Hassan Nasrallah, a accusé l’Arabie saoudite d’être derrière le double attentat contre l’ambassade d’Iran à Beyrouth. Ce dernier avait fait 25 morts, le 19 novembre, et a été revendiqué par un groupe lié à al-Qaida, les brigades Abdallah Azzam.

Ces dernières ont « un émir et il est saoudien, et je suis convaincu que (ce groupe) est lié aux services secrets saoudiens, qui dirigent des groupes comme celui-là dans différentes parties du monde », a affirmé Hassan Nasrallah sur la chaîne libanaise OTV. Une accusation qui intervient en plein conflit syrien, qui se régionalise peu à peu et dans lequel le Hezbollah est engagé depuis plusieurs mois aux côtés de l’armée de Bachar al-Assad.


Le Hezbollah libanais annonce l’assassinat d’un de ses commandants – 4 décembre 2013 (Vidéo: France24)