Lutte au déficit: la Défense nationale se débarrasse de… ses plantes en pot

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Le ministère de la Défense nationale est pris d'une telle frénésie de coupes qu'il va maintenant se débarrasser de toutes les plantes dans ses bureaux dans la Région de la capitale fédérale afin de faire des économies (TPSGC)
Le ministère de la Défense nationale est pris d’une telle frénésie de coupes qu’il va maintenant se débarrasser de toutes les plantes dans ses bureaux dans la Région de la capitale fédérale afin de faire des économies (TPSGC)

L’expression «couper les plantes» vient de prendre une toute autre signification. Le ministère de la Défense nationale est pris d’une telle frénésie de coupes qu’il va maintenant se débarrasser de toutes les plantes dans ses bureaux dans la Région de la capitale fédérale afin d’épargner, dit-il, 300.000$ par an.

Une note interne du ministère rappelle que garder des plantes ne fait partie du mandat de la Défense nationale et qu’elles sont trop coûteuses à entretenir en cette période d’austérité budgétaire.

Des F-35, oui! Des plantes vertes, non! Quelle dépense exorbitante que la plante en pot!

«Si ça ne vole pas, ne navigue pas ou ne tire pas des balles», on s’en débarrasse , pour reprendre les mots de John MacLennan, président de l’Union des employés de la Défense . Attention, dit-il, la prochaine étape, «ils enlèvent les meubles». Fonctionnaires de la Défense, apportez votre chaise.

Quoi qu’il en soit, si ça vous intéresse, plus de 350 plantes en pot ont été mis en vente au plus offrant sur le site gcsurplus.ca de Travaux publics Services Gouvernementaux Canada.

La vente a commencé le 17 décembre et vous avez jusqu’au 24 pour faire une offre sur les premiers lots qui seront mis en vente.
Par la suite, d’autres lots seront mis en vente au fur et à mesure que les contrats d’entretien de ces plantes expireront que la Défense pourra s’en débarrasser.

L’acheteur convient d’effectuer tous les paiements exigés par le ministre dans les 3 jours civils suivant la date de la demande de paiement et avant de prendre possession de quelque bien que ce soit.

L’acheteur, à compter de l’acceptation de la présente offre par le ministre et après que ce dernier a reçu le paiement total convenu, doit, à ses frais, emballer, charger et emporter les biens visés au plus tard à la date indiquée sur l’acte de vente ou, si aucune date n’est indiquée, dans les 5 jours civils suivant la date de l’acte de vente.

«C’est des économies de bouts de chandelles», a déclaré Ron Cochrane, co -président du syndicat mixte et la gestion du Conseil national mixte, cité dans un quotidien d’Ottawa «Mis à part les coûts, la présence de plantes a un but, fournir plus d’oxygène alors que le gouvernement est toujours à dire qu’il veut un milieu de travail plus sain».

Selon les lignes directrices du Conseil du Trésor, les plantes sont toutefois considérées comme une «dépense discrétionnaire», de sorte que les ministères ne sont pas tenus d’avoir des plantes en milieu de travail.

«Étant donné que les plantes en milieu de travail ne sont pas au cœur du mandat du Ministère de la Défense nationale (MDN), et que nous faisons face à des défis budgétaires actuelles importantes, le MDN ne sera pas en mesure d’assumer ces coûts », écrit la ministère de la Défense.

«Travaux publics Service Gouvernementaux Canada se chargera de l’élimination ou de la relocalisation de l’inventaire des installations existantes dans les semaines et mois à venir, au fur et à mesure que nos contrats d’entretien expirent» , dit la note interne de Jim Goodman, directeur adjoint-immobilier au ministère de la Défense.

Les fonctionnaires auront toutefois jusqu’en avril 2015 pour choisir l’une des trois options suivantes:

  • Ils peuvent conserver les plantes, mais Travaux publics exigera alors des frais pour l’entretien,
  • ou ils peuvent assumer eux-mêmes l’entretien des plantes
  • ou…plus de plante!

Même si la Défense nationale explique sa décision par la nécessité de faire des économies, Travaux publics Services Gouvernementaux Canada n’a pas été en mesure de préciser exactement combien le gouvernement dépense sur les soins et l’entretien des plantes, dont la plupart sont entretenus par des sous-traitants.

Selon ce que rapportait un quotidien de la capitale, un sous-traitant quant à lui a estimé qu’une plante en pot coûte entre 2 $ et 4 $ par mois en entretien.

Mais il n’y a pas de petites économies! Prochaine étape pour combler le déficit, les toilettes payantes?

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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