Purge en Corée du Nord: le numéro 2 du régime limogé, ses collaborateurs exécutés

Un Sud-Coréen regarde à la télévision les images de Jang Song-Thaek, l'oncle du leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 3 décembre 2013 dans une gare à Séoul (Jung Yeon-Je/AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Un Sud-Coréen regarde à la télévision les images de Jang Song-Thaek, l'oncle du leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 3 décembre 2013 dans une gare à Séoul (Jung Yeon-Je/AFP)
Un Sud-Coréen regarde à la télévision les images de Jang Song-Thaek, l’oncle du leader nord-coréen Kim Jong-Un, le 3 décembre 2013 dans une gare à Séoul (Jung Yeon-Je/AFP)

Jang Song-thaek, l’oncle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et vice-président de la Commission de défense nationale nord-coréenne, aurait été démis de ses fonctions, a annoncé ce mardi le Service national du renseignement (NIS) sud-coréen, selon ce que rapporte l’agence sud-coréenne Yonhap.

Jang est considéré comme la figure la plus influente en Corée du Nord après Kim Jong-un

Mari de Kim Kyong-hui, la tante du dirigeant Kim Jong-un, il avait aidé à asseoir le pouvoir du jeune dirigeant après la mort soudaine de Kim Jong-il fin 2011.

L’épouse de Jang Song-Thaek et soeur de Kim Jong-Il, Kim Kyong-Hui, 67 ans, est elle aussi un personnage central du régime depuis 40 ans. En septembre 2010, elle avait été élevée au grade de général quatre étoiles, en même temps que Kim Jong-Un.

Jang Song-thaek, l’oncle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et vice-président de la Commission de défense nationale nord-coréenne (Yonhap)

Jang était vice-président de la Commission de défense nationale, membre du Bureau politique du Parti du travail et de la Commission centrale militaire, entre autres.

À la direction de l’administration au Parti des Travailleurs, il avait la haute main sur la police et la justice.

Pour nombre d’experts, Jang était à toute fin pratique le régent de Jong-Un, lequel, âgé d’à peine 30 ans, n’avait pas l’expérience nécessaire à l’exercice du pouvoir dans un État reclus, sans cesse aux abois.

Outre Jang, qui aurait été limogé, deux de ses plus proches confidents ont été exécutés publiquement fin novembre.

Les deux confidents de Jang auraient été accusés de corruption et d’avoir agi de façon contraire à la volonté du Parti du travail nord-coréen. Ils ont été identifiés comme étant Ri Ryong-ha et Jang Soo-kil, cadres du secrétariat du Parti du travail, précise le service de renseignement qui tente actuellement de déterminer l’étendue de la purge, qui pourrait d’ailleurs toujours être en cours.

Les deux bras droits de Jang Song-thaek qui ont été exécutés en public fin novembre étaient tous deux adjoints au Département de l’administration du Parti du travail, un organe du parti au pouvoir que Jang a dirigé.

Après l’exécution de ses deux bras droits, Jang n’a plus été aperçu en public, a ajouté le NIS. Il a été vu pour la dernière fois le 6 novembre au cours d’une réunion avec une délégation japonaise présidée par Kanji Inoki, un député de la Chambre des conseillers japonaise. La dernière apparition de Jang aux côtés de Kim Jong-un a eu lieu le 10 octobre, à l’occasion du 68e anniversaire de la fondation du Parti du travail nord-coréen.

Jang était perçu à l’étranger comme un modéré, voire un réformateur, à tout le moins au plan économique.

La chute de Jang pourrait augmenter l’incertitude au sein du régime et même aviver les tensions sur la péninsule coréenne, en fonction de qui le remplacera.

Jang et ses proches avaient fait l’objet d’une enquête par le passé pour corruption et que les apparitions publiques de Jang ont diminué. «Il a accompagné Kim (Jong-un) seulement 52 fois cette année comparé aux 106 apparitions avec le dirigeant en 2012.»

Il restera à voir si le limogeage de Jang représente une affirmation ou un affaiblissement du jeune leader nord-coréen.