Retour sur l’Opération RENAISSANCE aux Philippines

Lieutenant-colonel Sabin Tremblay, Commandant de la Force Opérationnelle Aérienne Philippines (FOA- Philippines)
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Un peu plus de trois semaines après le début de l’intervention canadienne aux Philippines suite au terrible typhon Haiyan, 45eNord.ca a fait le point avec quelques uns des militaires qui sont sur le terrain.

Déployés sur l’île de Panay qui compte plus de 4 millions d’habitants, l’équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) des Forces armées canadiennes compte un peu plus de 315 membres aidant les Philippins dans le cadre de l’Opération RENAISSANCE.

Dans les cieux

Le lieutenant-colonel Sabin Tremblay, de la 2e escadre expéditionnaire Bagotville et commandant de la force opérationnelle aérienne aux Philippines, nous a expliqué que «l’île de Panay n’avait pas reçu d’aide, d’où leur présence».

Avec la mise en place rapidement d’un pont aérien, à l’aide de deux, puis trois hélicoptères Griffon CH-146, pour assurer une mobilité, de la coordination et les évacuations médicales, le lieutenant-colonel estime que c’est un «accomplissement en soi». «On transporte une équipe d’ingénieurs chargés de filtrer l’eau, une équipe médicale pour soigner des blessures, beaucoup de nourriture et de matériels de construction…».

Les Canadiens aux Philippines ne sont cependant pas seuls, puisque pas moins de 25 ONG, un navire britannique et des soldats philippins sont aussi présents.

Médics

Le capitaine Michelle Wilson, du 1er Hôpital de campagne du Canada basé à Petawawa (détachement Montréal), indique que les trois équipes médicales ont d’ores et déjà réalisées plus de 3.500 interventions.

«Presque tous les jours nous avons trois équipes, deux qui prennent la route et une héliportée. On est nécessaire. La tâche est immense ici. On fait des cliniques du jour dans des églises, des écoles… en général c’est le maire de la ville qui nous reçoit. […] C’est vraiment encourageant car on est accueilli à bras ouverts, on nous remercie de notre présence. C’est un peuple très résilient qui n’attend pas simplement que l’aide arrive pour reconstruire.»

Génie

Pour les ingénieurs, le capitaine Stéphane Laplante, du 4 Régiment d’appui de Génie de Gagetown, explique que le plus gros défi est de «s’assurer que les Philippins aient une liberté de mouvement pour avoir accès aux soins médicaux, aux évacuations, etc.». «Le principal problème actuel sont les lignes électriques, les lignes téléphoniques qui bloquent les chemins. Il faut enlever tout ça pour qu’il n’y ai plus de danger».

Avec quasiment une cinquantaine de personnes, le «génie» a des qualifications dans tous les domaines: de l’environnement, au plombier, au menuisier, à l’électricien, au génie de combat qui ouvre les voies d’accès.

Souhaitant limité les «effets secondaires» de la catastrophe, le capitaine explique que tout est fait pour qu’ils soient sous contrôle, que les maladies contagieuses soient étouffées dans l’oeuf et que les bâtiments qui s’écroulent se fassent sans personne dedans.

En date du vendredi 29 novembre, voici quels étaient les chiffres clés de l’opération.

Jusqu’à maintenant, la Force opérationnelle aux Philippines a:

  • purifié environ 59 000 litres d’eau
  • environ 41 839 litres d’eau purifiée disponible pour distribution
  • traité près de 2 081 personnes
  • distribué environ 19 455 livres de nourriture au nom d’organisations non gouvernementales
  • dégagé 113 kilometres de routes
  • effectué 52 vols dans un CH-146 Griffon