Soudan du Sud: le président Kiir parle de paix et prépare la guerre

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Le Président sud-soudanais, Salva Kiir en des temps plus heureux. Ici, le Jour de l'Indépendance en 2011 à Juba (Archives/Jenn Warren/USAID]
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Le Président sud-soudanais, Salva Kiir en des temps plus heureux. Ici, le Jour de l'Indépendance en 2011 à Juba (Archives/Jenn Warren/USAID]
Le Président sud-soudanais, Salva Kiir en des temps plus heureux. Ici, le Jour de l’Indépendance en 2011 à Juba (Archives/Jenn Warren/USAID]

Alors que L’armée sud-soudanaise préparait lundi une offensive contre les forces rebelles, le pays s’engageant encore plus dans la voie de la guerre civile, l’émissaire des États-Unis, Donald Booth, a déclaré lundi, après sa rencontre avec le président Kiir à Juba, que celui-ci était prêt à parler à son rival Riek Machar pour mettre fin au conflit

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir est prêt à parler à son rival Riek Machar pour mettre fin au conflit, a déclaré lundi l’émissaire des États-Unis Donald Booth après sa rencontre avec le président Kiir à Juba.

«Le président Kiir a pris devant moi l’engagement selon lequel il était prêt à commencer des pourparlers, sans conditions préalables, avec Riek Machar afin de mettre un terme à la crise», a dit M. Booth, lors d’une brève téléconférence depuis la capitale sud-soudanaise.

L’envoyé spécial américain pour le Soudan et le Soudan du Sud a également dit avoir pu rencontrer les onze personnalités du SPLM [ le parti au pouvoir] qui ont été arrêtés et sont détenues à Juba.

Le régime sud-soudanais du président Kiir avait annoncé la semaine dernière l’arrestation de dix personnalités, pour la plupart des anciens ministres limogés en juillet, dans le cadre de l’enquête sur le prétendu coup d’Etat déjoué qu’aurait fomenté l’ancien vice-président Riek Machar.

Ces personnes sont en sécurité et bien traitées, a assuré l’envoyé américain. «Elles m’ont fait part de leur désir de jouer un rôle constructif […] pour la réconciliation nationale», a aussi précisé l’émissaire américain, arrivé quelques heures plus tôt à Juba.

L’armée sud-soudanaise n’en préparait pas moins lundi une offensive majeure contre les forces rebelles de l’ancien vice-président Riek Machar qui, pour sa part, n’est pas revenu sur sa dernière déclaration disant qu’il n’était prêt qu’à négocier un départ du président.

Des renforts de l’armée sud-soudanaise sont prévus à Bor (200 km au nord de Juba), la capitale de l’État du Jonglei, prise la semaine dernière par les hommes de Machar.

Les forces de l’ancien vice-président ont également pris le contrôle de Bentiu (1.000 km au nord de Juba,) capitale de l’État d’Unité qui concentre la production pétrolière nationale, que les forces loyales à Salva Kiir se préparent à tenter de reprendre.

Le secteur a déjà été touché par les récents combats et des compagnies pétrolières évacuent leur personnel après la mort d’au moins cinq travailleurs sud-soudanais.

Selon un responsable local, cité par l’AFP, la zone est jonchée de cadavres.

Les États-Unis, mais aussi le Royaume-Uni, le Kenya et l’Ouganda rapatrient leurs citoyens. Washington a indiqué pour sa part que son armée préparait de nouvelles évacuations, après avoir déjà exfiltré 380 Américains ces derniers jours.

Une réunion d’urgence doit par ailleurs se tenir dans la nuit au Conseil de sécurité à New York pour examiner la demande, formulée par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, de renforcer les capacités militaires, policières et logistiques de la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss).

Quant à l’ex-vice président, il a jusque-là fait savoir qu’il n’était prêt qu’à négocier un départ du président.

Pendant ce temps, sur le terrain, la situation continue de dégénérer et des centaines de milliers de personnes risquent d’avoir très vite besoin d’aide, a mis en garde l’ONU, qui a prédit «une augmentation massive des besoins» humanitaires à court terme.

Depuis une semaine, des morts par centaines ont été recensés et les civils affluent par dizaines de milliers dans différents complexes de l’ONU pour tenter d’échapper aux combats.

*Avec AFP