Suicides chez nos vétérans: «sombre bilan du Canada» pour le NPD

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Le Canada vient de vivre une semaine sombre. Michael McNeil, William Elliott, Travis Halmrast et Sylvain Lelièvre, quatre vétérans de la guerre en Afghanistan, se sont enlevés la vie au cours des derniers jours. Autant de tragédies qui nous rappellent le triste bilan de notre pays quant au soutien offert à ceux qui ont servi leur patrie avec honneur et bravoure.

Depuis 2008, 71 soldats se sont suicidés, dont la vaste majorité était âgée de moins de 50 ans. Autant de personnes qui auraient dû poursuivre leur carrière au sein des Forces canadiennes ou réintégrer la société civile. Ce lourd bilan, une tache indélébile sur le drapeau canadien, pourrait s’avérer encore pire, puisque l’armée ne tient pas compte des suicides de ses réservistes…

Le syndrome du stress post-traumatique n’est pas à prendre à la légère. C’est un réel problème auquel on doit absolument s’attaquer. C’est notre devoir collectif d’aider ceux qui se sont sacrifiés à retrouver une vie presque normale à leur retour de mission et c’est la responsabilité du gouvernement fédéral d’y allouer toutes les ressources nécessaires.

Malheureusement, le gouvernement conservateur ne semble pas prendre cette question au sérieux. Plutôt que d’augmenter le soutien aux vétérans, les conservateurs ont sorti le couperet. Pas moins de neuf bureaux régionaux de service ont été fermés. À un moment de leur vie où ils ont le plus besoin du contact humain, on pousse nos vétérans à utiliser les services sur Internet. Le budget du ministère des Anciens Combattants a été coupé de centaines de milliers de dollars. Et c’est sans mentionner les soins de santé qui se détériorent.

Lorsqu’un soldat est blessé au combat, les soins qui lui sont apportés sont immédiats, concrets. Il est grand temps de traiter le syndrome du stress post-traumatique comme une blessure réelle, plutôt que de laisser ceux qui en souffrent être relégués aux oubliettes, comme trop de personnes souffrant de maladie mentale.

Pourtant, des solutions existent. Mon collègue Peter Stoffer croit aux vertus d’un programme de chien d’assistance. C’est une idée peu coûteuse, présentement à l’étude par l’Ambulance Saint-Jean et Can Praxis, et qui mérite d’être appliquée à l’échelle du pays.

Lancée il y a cinq ans, l’Unité interarmées de soutien du personnel a été créée pour offrir un meilleur environnement de support et de réhabilitation pour les soldats blessés ou malades afin de mieux les préparer à une réintégration au sein des Forces armées ou à la vie civile. Mais l’ombudsman a rapporté que ce programme souffre d’un manque chronique de financement et d’une pénurie de personnel. Bref, nos soldats n’obtiennent pas les services auxquels ils sont en droit de s’attendre.

Lorsqu’un de nos militaires est en mission à l’étranger, on est conscient qu’il existe un péril. Mais quand nos troupes sont de retour au pays, on les croit hors de danger pour de bon. C’est ce qui rend la tragédie actuelle d’autant plus difficile à accepter. Les événements des derniers jours nous forcent collectivement à réfléchir sur le sort réservé à nos soldats en retour de mission.

Les conservateurs doivent agir, sans quoi nous risquons de voir d’autres mauvaises nouvelles arriver d’un peu partout au pays.

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