Vœux pour le Nouvel An de Joyce Murray

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Comme la plupart des Canadiens, j’aimerais, d’un coup de baguette magique, régler tous les problèmes et rendre les gens heureux! Mes voeux pour l’année 2014 sont une liste de choses que pourrait faire Défense nationale pour améliorer la confiance et le bien-être des Canadiens, des membres des Forces armées canadiennes (FAC) et de leur famille, des membres des services du matériel militaire et de l’approvisionnement et – les derniers, mais non les moindres – les personnes qui ont quitté ou qui quittent les FAC et qui ont besoin de soutien.

En premier lieu, je souhaite que l’on adopte une stratégie sensée et tournée vers l’avenir qui permettrait d’anticiper les intérêts et les obligations des Canadiens en matière de défense et de sécurité au pays et à l’étranger. Cette stratégie serait novatrice et ne viserait pas à régler des guerres ou des conflits du passé. Elle serait appuyée de toutes parts grâce aux vastes consultations sur l’histoire du Canada et l’identité, les valeurs et les priorités de son peuple et les idées joueraient un rôle constructif dans la résolution des conflits internationaux. Elle serait fondée sur des ressources réalistes et stables pour ne pas susciter des attentes pour ensuite les anéantir, comme ce fut le cas pour la pitoyable Stratégie de défense du Canada de 2008.

En deuxième lieu, je souhaite qu’en 2014 un examen et un contrôle non partisan et fiable des activités d’espionnage des communications et de cybersécurité du Canada aient lieu. Il est essentiel de protéger nos réseaux informatiques stratégiques et de mener des opérations de renseignements à l’étranger pour nous protéger, nous et nos alliés, des menaces à la sécurité. Il est également nécessaire d’établir un processus d’examen et de contrôle systématique et confidentiel pour que l’on puisse rendre des comptes aux Canadiens. Sinon, on leur demande de croire aveuglément que les lois et règlements sont respectés et que leur vie privée est respectée.

En troisième lieu, je souhaite que l’on instaure, en matière de défense nationale, une culture où les membres actifs, les membres de la Réserve et les membres opérationnels des FAC sont au cœur de chaque plan, programme et décision budgétaire. Les hommes et les femmes en uniformes sont le principal atout de défense et de sécurité du Canada; leur formation et le soutien qui leur sont offerts sont donc nos plus grandes priorités. Cela signifie que l’on mène à terme le remplacement des bottes usées et des carabines de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale plutôt que de le reporter. Cela signifie que les budgets de formation et d’entretien du matériel sont protégés plutôt qu’amputés de moitié. Et cela signifie que le service et les sacrifices des familles des membres des FAC sont entièrement reconnus, de manière à ce que les services concernant le logement, l’accès à l’emploi, les soins aux enfants et le soutien physique et émotionnel pour les partenaires sont offerts généreusement et de bon gré.

En quatrième lieu, je souhaite que l’on adopte un processus d’approvisionnement transparent, rapide, efficient, novateur et où les gens seraient tenus responsables. Établissons clairement les responsabilités en ce qui concerne les résultats plutôt que d’avoir plusieurs personnes dirigeant chacune leur propre programme. Les conflits, les retards, les reprises, les hausses des coûts et les annulations de programme seraient chose du passé. Pensez-y un peu: si vous effectuez de grands travaux de rénovation chez vous, embaucheriez-vous cinq entrepreneurs pour diriger le travail? Un entrepreneur pour prendre beaucoup de photos et faire le plus de promotion, un autre pour définir les exigences techniques et les exigences de conception, un troisième pour établir ou comprimer le budget (peu importe les répercussions), un quatrième pour attribuer les travaux au sous-traitant offrant le plus bas prix et un cinquième qui s’assure que tous les biens et services créent des emplois locaux? C’est un système ridicule et irréaliste, comme nous l’ont prouvé les huit dernières années sous le régime d’approvisionnement des conservateurs en matière de défense!

En dernier lieu – et c’est mon vœu le plus cher -, je souhaite que tous les militaires au service du Canada, qui mettent leur vie en danger de leur plein gré, sachent qu’ils peuvent compter sur le soutien constant et entier de leur gouvernement, pour eux et pour leur famille, s’ils sont tués ou blessés au cours de leur service. Près d’un membre des Forces canadiennes qui ont servi en Afghanistan sur sept a reçu un diagnostic de trouble mental lié directement à leur service, mais les services de soins de santé mentale par des pairs et des professionnels sont inadéquats, et la demande est croissante. Les vétérans des autres guerres ne reçoivent pas tous des services satisfaisants, et ceux qui sont le plus frappés d’incapacité risquent de vieillir dans la pauvreté.

Pour que ce dernier vœu se réalise, il est essentiel d’instaurer une culture où l’on reconnaît qu’une blessure peut être physique, mais aussi mentale ou émotionnelle; une culture où l’on aide les personnes blessées au cours de leur transition vers une carrière gratifiante après leur service et où l’on met fin aux situations qui font naître un désespoir si grand qu’il mène au suicide et brise des familles.

Ma baguette magique ferait apparaître un leadership politique honnête et compétent. Elle concrétiserait également le profond respect qu’ont les Canadiens pour le travail qu’effectuent les membres des Forces canadiennes, les risques qu’ils prennent et le rôle qu’ils jouent pour protéger nos vies et nos valeurs, tant au Canada qu’à l’étranger.