Boko Haram au Nigeria: la répression armée jugée insuffisante

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Un soldat traverse le 6 août 2013 la cour d'un collège de Mamudo, dans l'État de Yobe, dans le nord du pays, visé par une attaque du groupe islamiste Boko Haram le 6 juillet 2013 ayant fait plus de 50 morts parmi les élèves (Aminu Abubaka/AFP)
Un soldat traverse le 6 août 2013 la cour d’un collège de Mamudo, dans l’État de Yobe, dans le nord du pays, visé par une attaque du groupe islamiste Boko Haram le 6 juillet 2013 ayant fait plus de 50 morts parmi les élèves (Aminu Abubaka/AFP)

La répression ne suffit pas! Si les offensives militaires du Nigeria se sont multipliés avec succès au cours des derniers mois, l’explosion mardi d’une voiture piégée en plein cœur de Maiduguri, dans le nord-est du pays, montre que la répression seule est insuffisante pour juguler le groupe islamiste Boko Haram.

Cette attaque dans un marché, un jour de grande influence, a fait 19 morts et doit amener le gouvernement à envisager d’autres stratégies, estiment les spécialistes.

Dimanche, une autre attaque avait laissé cinq personnes morts dans un village proche de Maiduguri, attaque là encore imputée à Boko Haram.

Si le groupe n’a pas jusqu’ici revendiqué les dernières tueries, il avait cependant déclaré être à l’origine de l’attaque à Maiduguri le 2 décembre 2013, lors de laquelle plusieurs bâtiments de la base militaire de la ville avaient été détruits.

L’état d’urgence est en vigueur imposé dans l’État de Borno, dont Maiduguri est la capitale, ainsi que dans deux États voisins depuis mai dernier.

«L’armée fait de son mieux pour venir à bout de l’insurrection dans l’Etat de Borno et dans le nord-est», a assuré le porte-parole des armées, le général Chris Olukolade, à l’AFP.

«Nous considérons que notre opération a été un succès. Ce n’est un échec à aucun niveau», a-t-il ajouté.

Mais Elizabeth Donnelly, du centre de recherche britannique sur les relations internationales Chatham House, est moins catégorique. «L’armée peut toujours marquer des points, mais sans solution à long terme, la violence risque de devenir cyclique», explique-t-elle.

«Cela a toujours été la force (de Boko Haram), sa flexibilité et sa façon de s’adapter à la situation pour mieux revenir, ajoute-t-elle. C’est comme ça qu’ils ont toujours fonctionné. La stratégie (de l’armée), telle quelle, n’est pas durable, compte tenu de l’origine du groupe et du contexte dans lequel il opère», estime Mme Donnelly.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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