Cambodge: l’intervention de la police fait trois morts lors d’une manifestation

Trois personnes ont été tuées vendredi à Phnom Penh par la police lors d'une manifestation des ouvriers du textile (Reuters/Samrang Pring)
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Trois personnes ont été tuées vendredi à Phnom Penh par la police lors d'une manifestation des ouvriers du textile (Reuters/Samrang Pring)
Trois personnes ont été tuées vendredi à Phnom Penh par la police lors d’une manifestation des ouvriers du textile (Reuters/Samrang Pring)

Trois personnes ont trouvé la mort, vendredi, à Phnom Penh, au Cambodge, lors d’une manifestation des ouvriers du textile. Après des tirs de semonce, la police a ouvert le feu sur les manifestants, armés de bâtons, pierres et cocktails molotov.

Il s’agit des «plus graves violences commises contre des civils depuis 15 ans au Cambodge». Pour la Ligue cambodgienne de défense des droits de l’Homme (Licadho), les événements de vendredi sont extrêmement préoccupantes. «Trois personnes sont mortes et deux ont été blessées», a déclaré à l’AFP Chuon Narin, commissaire adjoint de la police de Phnom Penh.

Au cours d’une manifestation des ouvriers du textile, la police a d’abord effectué trois tirs de semonce avant d’ouvrir le feu directement sur les manifestants, comme le rapporte un journaliste de l’AFP. Une manœuvre rendue indispensable selon la porte-parole de la police militaire cambodgienne.

«Nous étions inquiets pour la sécurité, alors nous devions réprimer» la manifestation, a déclaré Kheng Tito. Cette dernière a également ajouté que «si nous leur permettons de continuer à faire grève, cela va devenir l’anarchie». Une dizaine de policiers avaient déjà été blessés, jeudi, lors d’affrontements.

Des déclarations loin d’être du goût de l’opposition où son leader, Sam Rainsy, est soutenu par les ouvriers du textile. «C’est une tentative inacceptable de casser non pas seulement une grève ouvrière, mais c’est une tentative pour casser le mouvement ouvrier dans son ensemble. Et derrière le mouvement ouvrier, de casser le mouvement démocratique qui est en train de se développer au Cambodge», a-t-il martelé.

«Les manifestations ont laissé place à une rébellion»

Si ces manifestations étaient jusqu’à présent pacifiques, elles ont pris une tournure beaucoup plus conflictuelle ces derniers jours. «Les autorités, jusque-là en retrait, ont décidé d’intervenir jugeant que la situation avait changé. Les manifestations ont laissé place à une rébellion», a ainsi commenté Stéphanie Gée, correspondante de RFI au Cambodge. Elle a notamment évoqué des «scènes de chaos» dans les rues de Phnom Penh.

Depuis plusieurs jours, ils sont plus de 400 000 salariés du textile à s’être mis en grève. Au cœur de leurs revendications, la hausse de leur salaire, actuellement fixé à 80 dollars par mois. Le gouvernement a promis de le revaloriser à 95 dollars mais les syndicats réclament 160 dollars. Et ils ne comptent pas lâcher malgré la répression policière.

«On ne va pas abandonner. Je pense qu’il est trop tard pour avoir peur. On est allés trop loin. Même si on se fait arrêter, on continuera à défier le gouvernement d’une manière ou d’une autre», a prévenu Kong Athit, le vice-président de la CCAWDU, le plus important syndicat ouvrier du pays.


Cambodge : trois morts dans la répression d’une manifestation des ouvriers du textile – 3 janvier 2014 (Vidéo: Euronews)