Les capacités de surveillance de la Défense liées à l’usage de Radarsat 2

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Le satellite canadien Radarsat 2 (Photo: Agence spatiale canadienne)
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Le satellite canadien Radarsat 2 (Photo: Agence spatiale canadienne)
Le satellite canadien Radarsat 2 (Archives/Agence spatiale canadienne)

Aujourd’hui, les capacités de surveillance de la Défense canadienne dépendent en grande partie du temps d’utilisation du satellite de surveillance Radarsat 2 alloué aux Forces canadiennes et les militaires ont commencé à s’inquiéter d’un possible dépassement de leur «allocation».

C’est du moins ce qu’affirme le journaliste canadien David Pugliese, spécialisé dans les questions de défense, dans un article paru le 31 décembre dans Space News où il cite des sources militaires s’exprimant sous le couvert de l’anonymat qui disent que les Forces canadiennes pourraient rapidement excéder le temps d’observation du satellite d’observation de la Terre RADARSAT-2 qui leur est alloué.

Selon ces sources, l’allocation des Forces canadiennes de données RADARSAT- 2 baisse rapidement et l’Agence spatiale canadienne, qui gère ce programme pour le gouvernement canadien, devra alors décider d’acheter du temps d’observation supplémentaire ou transférer à la Défense l’allocation prévue pour d’autres ministères fédéraux.

Dans le cadre du projet Epsilon, les Forces armées canadiennes utilisent en effet les informations de RADARSAT-2 pour surveiller le ciel de l’Arctique et le territoire maritime, alors que le NORAD surveille le ciel canadien et américain, et que le projet Sapphire, lui, surveille l’espace au-dessus du continent nord-américain.

Les informations de Radarsat sont utilisées, plus précisément, pour la surveillance de la région arctique du Canada et des approches maritimes, la détection des navires, et le soutien aux opérations des Forces armées canadiennes à l’échelle mondiale.

Radarsat-2 a été lancé le 14 décembre 2007 du cosmodrome de Baïkonour par une fusée Soyuz-FG/Fregat. Il a été placé sur la même orbite que Radarsat-1, lancé en 1995, qu’il suivait à 50 minutes d’intervalle, mais qui vient tout juste de cesser de fonctionner.

Radarsat 2 est une version améliorée de Radarsat-1. Il peut émettre en polarisation horizontale ou verticale et sa résolution atteint 3 mètres5. Il est spécialisé dans l’observation des pôles.

Quant à la crainte des militaires de manquer de temps d’observation, Toutefois, la porte-parole de l’Agence spatiale canadienne, Julie Simard, interrogé par le journaliste, a déclaré que, globalement, «Nous sommes convaincus que nous ne serons pas à court de crédits [d’utilisation de Radarsat 2].

De plus, interrogé lui aussi, Wendy Keyzer, le directeur des communications de MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA) Ltd., qui assure le soutien opérationnel aux stations terrestres pour le RADARSAT 2, a déclaré quant à lui qu’il appartient au gouvernement du Canada de se prononcer sur la façon dont il utilise Radarsat- 2, mais que, «S’il arrive que le crédit [d’utilisation] soit dépassé , MDA serait ouvert à discuter des options».

Bref, de l’avis de l’Agence spatiale canadienne qui gère le programme pour le compte du gouvernement Canadien, et de la société qui assure le soutien opérationnel, il n’y a pas lieu de s’inquiéter et les capacités de surveillance de la Défense canadienne n’en viendront pas à être affectées par un dépassement de temps d’utilisation du satellite de surveillance Radarsat 2 alloué aux militaires.