Drogues et tricheries pour des officiers américains en charge de missiles nucléaires

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N'appuie pas n'importe qui sur le bouton de lancement des missiles nucléaires (Archives/Steven G. de Polo)
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N'appuie pas n'importe qui sur le bouton de lancement des missiles nucléaires (Archives/Steven G. de Polo)
N’appuie pas n’importe qui sur le bouton de lancement des missiles nucléaires (Archives/Steven G. de Polo)

Ils sont 34. Trente-quatre officiers de l’US Air Force à avoir été suspendu mercredi par leur hiérarchie après la découverte de fraudes lors de tests, deux d’entre eux étaient également en possession de drogues.

Le cœur de la défense du pays va mal depuis quelques mois.

En mai dernier, 45eNord.ca vous parlait déjà de la suspension de 17 officiers chargés des missiles nucléaires intercontinentaux. Au cours d’examens, une unité d’officiers de la base de Minot dans le Dakota du Nord avait réussi à passer un contrôle. Mais dans le détail, lors de l’une des tâches impliquant le lancement des missiles, l’équipe avait eu un «D», soit à peine mieux que «non satisfaisant».

Les 17 membres de l’US Air Force avaient été envoyés dans une formation intensive de perfectionnement de 60 à 90 jours et ont pu reprendre leur travail après avoir validé leur certification.

En matière de nucléaire, le commandement de l’US Air Force exige la perfection.

Mercredi, la secrétaire de l’US Air Force, Deborah Lee James, a organisé une conférence de presse de dernière minute pour annoncer la suspension de 34 officiers de la base de Malmstrom (dans le nord-ouest du Montana) pour tricherie à un examen de routine de leurs compétences.

Les tricheurs se sont échangés les réponses par voie de message électronique lors de l’examen.

Elle a ainsi expliqué qu’«il y a eu tricherie au cours de cet examen. Un certain nombre d’officiers ont triché, d’autres apparemment étaient au courant et n’ont rien dit pour empêcher cela ou y mettre fin. Elle a dénoncé un comportement «totalement inacceptable».

Le général Mark Welsh, commandant de l’US Air Force a abondé dans le même sens en disant qu’il n’y avait «absolument aucune excuse à ce manque d’intégrité».

Dans un communiqué, le chef du Pentagone, Chuck Hagel, s’est de son côté dit «profondément troublé» par cette affaire, alors qu’il venait de visiter une base de lancement de missiles nucléaires dans le Wyoming quelques jours plus tôt.

Sur les 34 officiers, deux sont également soupçonnés de possession de drogues. Un troisième officier, stationné sur la base de Warren, est inquiété pour «possession de drogues illégales» seulement.

Tous les membres de la force des missiles nucléaires intercontinentaux américains seront à nouveau soumis, d’ici demain soir, à un nouvel examen.

En octobre, quatre officiers, dont deux à Malmstrom, avaient été sanctionnés lors de deux incidents distincts pour avoir laissée ouverte la porte qui mène au poste de lancement de missile censée être fermée en permanence.

En août, une inspection de l’armée de l’Air avait jugé «insatisfaisante» l’unité chargée du contrôle des missiles intercontinentaux à cette même base.

La hiérarchie n’est pas en reste: le numéro deux du commandement des forces stratégiques (Stratcom), le vice-amiral Tim Giardan, a été renvoyé à l’automne après avoir été soupçonné de contrefaire des jetons de casino. Le général responsable des ICBM venait de son côté d’être mis en cause pour des problèmes liés à l’alcool.

Dans un passé encore récent, en 2007, un B-52 avait été chargé par erreur de six missiles de croisière nucléaires avant d’effectuer un vol d’entraînement au-dessus du territoire américain. Le secrétaire à la Défense de l’époque Robert Gates avait limogé les numéros uns civil et militaire de l’Air Force.