Genève 2: un convoi humanitaire vers Homs probablement dès lundi

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Le Représentant spécial conjoint de l'Organisation des Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi (Violaine Martin/ONU)
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Le Représentant spécial conjoint de l'Organisation des Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi (Violaine Martin/ONU)
Le Représentant spécial conjoint de l’Organisation des Nations Unies et la Ligue des États arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi (Violaine Martin/ONU)

Dernière mise à jour, 26/01/14 à 15h12

Alors que le dialogue par personne interposée a succédé au dialogue de sourds entre les représentants du gouvernement et des groupes d’opposition syriens à la Conférence de paix Genève 2,  le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, se félicite qu’il y ait au moins eu une première rencontre samedi et que les parties en soit arrivées à un accord pour l’envoi d’un convoi humanitaire à Homs.

Les délégations de l’opposition et du régime de Damas se sont finalement rencontrés le 25 janvier à Genève pour discuter des questions d’ordre humanitaires et elles se rencontreront de nouveau dimanche pour négocier la libération de prisonniers.

C’était, samedi, la première fois que les deux parties se rencontraient face à face autour d’une même table. Ils ne se sont pas adressé la parole directement, mais ont tour à tour parlé avec M. Brahimi.

Il y a tout de même eu deux rencontres dans la même salle, pour la première fois.

La première rencontre a duré une heure le matin et la seconde deux heures l’après-midi. «Le matin nous avons eu une bonne discussion sur une feuille de route pour la semaine prochaine et l’après-midi nous avons commencé à discuter de questions humanitaires», a déclaré Lakhdar Brahimi.

«Nous espérons qu’un convoi d’aide humanitaire sera autorisé à apporter des fournitures humanitaires, dont des denrées alimentaires et des fournitures de première nécessité à Homs», a expliqué l’émissaire des Nations unies.

Le gouverneur de Homs, qui a parlé à l’équipe de l’ONU à Damas, doit rencontrer son conseiller en sécurité dimanche concernant le convoi, qui pourrait être envoyé dès lundi, selon l’ONU.

Les quartiers rebelles de la ville de Homs sont bombardés quotidiennement par l’armée syrienne. Dans ces quartiers assiégés depuis juin 2012, des milliers de Syriens vivent dans des conditions épouvantables et manquent de nourriture et de médicaments.

«Si nous parvenons à un accord concernant la ville de Homs, nous espérons que cela nous permettra de lancer des discussions sur d’autres questions», avait déclaré le Représentant conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe en conférence de presse, notamment la question des « prisonniers et des personnes qui ont été enlevés et voir si quelque chose peut être fait pour assurer la libération du plus grand nombre possible.

Deuxième journée de négociations: les prisonniers

Les négociateurs en chef et leurs équipes se sont donc  enfermés dès 11h00 (heure de Genève) dans le même salon que la veille pour une deuxième journée de négociations. Comme samedi, les deux délégations sont assis à la même table mais se parlent par Lakhdar Brahimi interposé.

Alors qu’ils examinent le problème des milliers de prisonniers et de disparus du conflit syrien, le médiateur de l’ONU tente d’obtenir la libération d’enfants, de femmes et des plus âgés.

L’opposition a indiqué dimanche avoir présenté «des listes de dizaines de milliers de prisonniers dans les prisons du régime«. «S’il y a un échange, les femmes, les enfants et les plus vulnérables sont la priorité», a déclaré Monzer Aqbiq, porte-parole de la délégation de l’opposition.

Pour sa part, le régime a assuré vouloir gérer cette question «sans discrimination». «Il y a aussi des milliers de personnes enlevées, [par les rebelles ou les djihadistes], certains ont disparu depuis deux ans et demi et il n’y a pas de trace d’eux», a rappelé le ministre syrien de l’Information, Omrane Zoghbi.

L’opposition, engagée dans des combats avec les groupes jihadistes, refuse par contre, de s’engager sur la libération de prisonniers qu’elle ne détient pas.

La transition politique, au menu lundi…peut-être

Toutefois, dans un autre registre, un porte-parole de l’opposition Louay Safi a dit que les représentants de l’opposition souhaitent évoquer dès lundi la transition politique, pomme de discorde entre eux et Damas.

Les discussions sur des mesures humanitaires, samedi et dimanche, ne sont que «préparatoires», a estimé M. Safi.

«Le but principal des négociations, à partir de lundi, est de préparer la transition entre la dictature et la démocratie», a déclaré le porte-parole de l’opposition, s’exprimant après Lakhdar Brahimi.

La création de couloirs humanitaires était déjà prévue par Genève 1, a-t-il fait remarquer. «Il s’agit de sauver la Syrie de la destruction totale. Si nous n’arrêtons pas ce processus en ce moment, personne ne sera en sécurité en Syrie», a ajouté Louay Safi.

Plus de 100.000 personnes ont été tuées et près de 9 millions d’autres chassées de leurs foyers depuis le conflit a éclaté en Mars 2011 entre le gouvernement et divers groupes recherchant l’éviction du président Bachar al-Assad.


la Conférence de presse de Lakhdar Brahimi le 25 janvier (Souria Ya Habibati)