Justin Trudeau réclame des sanctions contre le gouvernement ukrainien

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Justin Trudeau s'entoure d'Andrew Leslie et Marc Garneau pour le conseiller en matière d'Affaires étrangères (capture d'écran Parti libéral du Canada)
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Justin Trudeau s'entoure d'Andrew Leslie et Marc Garneau pour le conseiller en matière d'Affaires étrangères (capture d'écran Parti libéral du Canada)
Justin Trudeau s’entoure d’Andrew Leslie et Marc Garneau pour le conseiller en matière d’Affaires étrangères (Archives/capture d’écran Parti libéral du Canada)

Le chef libéral canadien, Justin Trudeau, exhorte le gouvernement canadien à augmenter la pression sur le gouvernement ukrainiens et d’adopter contre lui de sanctions – notamment des restrictions de voyage, des gels d’actifs et l’imputation de la responsabilité pénale – visant personnellement ceux qui ont commis des violations des droits de la personne et des crimes contre le peuple ukrainien.

Justin Trudeau, juge extrêmement préoccupante la situation en Ukraine où les manifestations de l’opposition suite à la décision de Kiev de renoncer à un accord d’association avec l’Europe et la répression des opposants par l’État ont déclenché un mouvement de contestation qui s’amplifie et menace le régime du président pro-russe Viktor Ianoukovitch.

«La situation actuelle en Ukraine, qui se détériore rapidement, est extrêmement préoccupante. Cette violence indéfendable et sanctionnée par l’État doit être condamnée et cesser immédiatement. À moins qu’un véritable dialogue ne s’instaure entre le gouvernement et l’opposition, d’autres morts gratuites sont probablement à craindre», a déclaré le chef libéral aujourd’hui par voie de communiqué.

«Depuis l’indépendance, le peuple ukrainien a progressé, lentement mais sûrement, vers une plus grande intégration à l’Europe. Le président Ianoukovitch a non seulement tourné le dos à cette aspiration, mais plus grave encore, il a choisi d’infliger une rebuffade à la démocratie en Ukraine. Il est impératif qu’il abroge immédiatement les nouvelles lois antidémocratiques qui interdisent toute manifestation et opposition pacifiques», qui enjoint le président ukrainien «d’entamer des négociations sérieuses avec l’opposition afin de parvenir à mettre un terme à cette dangereuse confrontation.

Le Canada, par la bouche de son ministre des affaires étrangères, John Baird, avait déjà le 22 janvier condamné « […] dans les termes les plus forts le massacre de manifestants par les forces de police ukrainiennes» et le ministère canadien des Affaires étrangères avait convoqué l’ambassadeur ukrainien pour lui exprimer la réprobation du Canada à l’égard des actes de violence en Ukraine.

Le ministre avait alors déclaré que «Le Canada, en consultation avec ses partenaires internationaux, examine toutes les options possibles».

Pendant ce temps en Ukraine

Pendant ce temps, en Ukraine, les leaders du mouvement de protestation pro-européen en Ukraine affiché leur détermination à rester mobilisés malgré les propositions faites la veille par le président Ianoukovitch.

Le président Ianoukovitch a proposé le poste de Premier ministre à l’opposant Arseni Iatséniouk et celui de vice-Premier ministre à l’ex-boxeur Vitali Klitschko.

Il s’est aussi dit prêt à discuter d’une révision de la Constitution visant à céder une partie de ses pouvoirs au gouvernement.

Mais ces propositions du pouvoir n’ont pas empêché le mouvement de s’étendre en Ukraine.

Les propositions de M. Ianoukovitch sont «empoisonnées», elles visent à «diviser notre mouvement d’opposition», a estimé Vitali Klitschko dans un entretien avec le journal allemand Bild am Sonntag.

Les sièges des administrations de la plupart des régions de l’Ouest, davantage tournées vers l’Union européenne, sont occupés depuis plusieurs jours par des milliers de manifestants qui réclament le départ des gouverneurs nommés par le chef de l’État.

Mais les actions d’occupation touchent aussi dorénavant certaines régions du Nord (Tcherniguiv) et de l’Est (Poltava) et des centaines de personnes ont tenté d’investir dimanche l’administration régionale à Zaporijjia, dans l’Est, gardée par des policiers antiémeutes.

Et des centaines de personnes hostiles au pouvoir se sont rassemblées à Dnepropetrovsk (est) et Odessa (sud), deux grandes villes russophones.

À Kiev, la situation reste tendue et 2.000 manifestants se sont emparés dans la nuit de samedi à dimanche d’un bâtiment tout proche de la place de l’Indépendance, la «Maison de l’Ukraine», en délogeant les membres des forces de sécurité qui s’y trouvaient.

Une session extraordinaire du Parlement, consacrée à la situation politique, doit s’ouvrir mardi, ce qui met la pression sur les différentes parties pour parvenir avant cette date à un accord.

En outre, le même jour, un sommet doit réunir l’UE et la Russie, que les Européens accusent d’avoir usé de son influence en vue de convaincre l’Ukraine de renoncer à un accord d’association avec Bruxelles. Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, est, pour sa part, attendue à Kiev jeudi et vendredi.

Par ailleurs, ce dimanche, une importante foule s’est réunie à l’intérieur de la cathédrale Saint-Michel, et jusqu’en dehors de ses murs, pour honorer la mémoire de Mikhaïl Jiznevski.

Le jeune homme qui allait avoir 26 ans aujourd’hui a trouvé la mort mercredi au cours des scènes de guérilla urbaine, dont Kiev, capitale du pays, a été le théâtre ces derniers jours.

Non loin de là, quelques milliers de personnes étaient également réunis place de l’Indépendance, haut lieu de la contestation dans la capitale.