Le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, réveillonne mardi au Mali

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Opération Serval (Archives/EMA/ECPAD)
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Opération Serval (Archives/EMA/ECPAD)
Opération Serval (Archives/EMA/ECPAD)

Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, a rejoint le Mali afin de réveillonner avec les forces françaises encore engagées dans l’opération Serval qui se poursuit toujours, avec 2.800 soldats français toujours engagés dans la mission de sécurisation du pays, et a poursuivi ensuite sa route vers le Niger et le Tchad, où il est attendu jeudi.

À cette occasion, il a adressé ses félicitations aux militaires français pour leur action au Mali.

Il s’est aussi entretenu avec son homologue malien, Soumeylou Boubèye Maïga,

Arrivé la veille au Mali, le ministre de la Défense s‘était rendu le 31 décembre matin dans le nord du pays à Gao, première étape d’une une visite de trois jours en Afrique afin d’y coordonner l’action contre «la menace de déstabilisation» qui, selon lui, demeure «partout».

«Le Mali est quasiment sécurisé, même si nous devons rester vigilants», a déclaré Jean-Yves Le Drian, mais «il y a des secteurs de fragilité sur l’ensemble de la zone, en Libye, dans le nord du Niger, dans le nord du Tchad», a déclaré le ministre.

«Je vais voir avec les différents chefs d’État comment on peut contribuer à renforcer la sécurité dans l’ensemble de la zone», a indiqué Jean-Yves Le Drian.

Pendant ce temps, l’opération Serval, que les événements en Centrafrique, au Soudan du Sud et ailleurs nous ont peut-être fait oublier, se poursuit toujours.

Fin décembre, les opérations aériennes se sont poursuivies avec environ 50 sorties, dont environ une dizaine effectuées par les avions de chasse. Une trentaine de sorties ont été dédiées aux missions de transport et une dizaine aux missions de ravitaillement et de renseignement.

Le 23 décembre s’est achevée une opération planifiée qui aura vu l’engagement, durant plus de trois semaines, de moyens de la force Serval au Nord de Tombouctou.

Dans la lignée des opérations précédentes, cette opération, conduite par le GTIA (groupement tactique interarmes) Korrigan et le Groupement aéromobile (GAM), a permis d’intensifier la pression exercée sur les groupes armés dans cette région, rapporte le ministère français de la Défense dans son plus récent point de la situation.

«Capitalisant sur l’effet de surprise, la force Serval a ainsi manœuvré dans une large zone d’action, mettant en réaction les éléments adverses. C’est dans ce contexte, à l’occasion d’un engagement d’opportunité, que l’engagement de moyens combinés a permis de neutraliser une vingtaine de terroristes. Un camp d’entraînement terroristes ainsi que deux plots logistiques ont également été découverts au cours de cette opération.»

Environs 2800 militaires français sont actuellement présents sur le sol malien et poursuivent une mission de sécurisation visant à affaiblir durablement les groupes terroristes, tout en appuyant le transfert de la zone aux contingents relevant de la MINUSMA.

Au printemps 2014, le contingent français au Mali passera à environ un millier. Quelque 650 d’entre eux poursuivront les opérations contre le terroriseme, les 350 autres étant répartis entre la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) et la participation française à l’état-major de la Minusma, la mission de stabilisation établie en avril 2013 par l’ONU.

Le ministre français de la Défense a aussi hier à Gao qu’il reviendrait le 20 janvier pour signer un nouvel accord de coopération de défense avec les autorités maliennes. «Notre objectif commun de lutte contre le terrorisme sera inscrit dans cet accord», qui fixera également les conditions dans lesquelles la France continuera de soutenir «la reconstitution de l’armée malienne», a déclaré le ministre.

Inspection des drones au Niger

Un accord aurait entre l’armée de l’air francaise et l’US Air Force a permis sur le transfert de deux drones MQ-9 Reaper sous commandement francais (Archives/U.S. Air Force/Master Sgt. Robert W. Valenca)

Après le réveillon du Nouvel An dans la capitale malienne, le ministre a poursuivi sa route vers le Niger et le Tchad.

À son arrivée dans la capitale nigérienne, le ministre de la Défense s’est rendu sur la base française dans la capitale nigérienne où il a visité les installations appuyant l’opération Serval.

Il y a inspecté en particulier le système constitué de deux drones de fabrication américaine de moyenne altitude et longue endurance Reaper de dernière génération livrés à l’armée de l’air française.

C’est en août 2013 que l’administration américaine avait donné son accord à l’achat par la France de deux drones MQ-9 Reaper.

Ce système de drones non armés et destinés à la surveillance «sera en mesure d’agir dans toute la bande sahélo-saharienne» à partir de janvier», précise un communiqué de la Défense français, qui ajoute que «La France vient ainsi compléter de manière significative ses capacités de renseignement sur ce vaste territoire africain» et ces drones «serviront notamment au contrôle de zones et au renseignement contre-terroriste».

Lors de sa visite à Niamey, le ministre français s’est aussi entretenu avec le président Mahamadou Issoufou.

Jeudi, Jean-Yves Le Drian est attendu Centrafrique où la France peine à de restaurer l’ordre ce pays livré aux violences intercommunautaires.